Climat – Environnement

Entre Savoie et Isère, le Mont Granier a changé de profil

Par Nathalie Grynszpan et Véronique Saviuc, France Bleu Isère et France Bleu Pays de Savoie lundi 11 janvier 2016 à 20:07

Le pilier nord-ouest du Granier
Le pilier nord-ouest du Granier - Nathalie Grynszpan

Ses falaises surplombent la vallée du Grésivaudan, la Combe de Savoie et la Cluse de Chambéry. Depuis samedi, le Mont Granier, sommet de Chartreuse qui culmine à 1.933 mètres, a perdu un peu de ses falaises : 100.000 mètres cubes de roche ont dévalé sur le versant nord-ouest de la montagne.

Rien de comparable avec l'éboulement historique de 500 millions de tonnes en 1248 qui avait emporté toute la façade nord du Granier et provoqué un millier de morts, cette fois c'est le pilier nord-ouest qui s'est effondré ce samedi 9 janvier 2016. Les services de la Restauration des Terrains en Montagne ont effectué une nouvelle reconnaissance aérienne par hélicoptère ce lundi. Selon les experts, aucun habitat n'est pour l'instant menacé par les éboulis. Toutefois le maire d'Entremont-le-Vieux va prendre deux arrêtés : l'un d'interdiction de pénétrer dans la zone proche de l'éboulis et l'autre , d'interdiction de pratiquer la randonnée en raquettes sur certains itinéraires.

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Les rochers ont été arrêtés par la forêt, loin des premières habitations des hameaux de Tencovaz ou encore des Brancaz sur la commune d'Entremont-le-Vieux (Savoie).

Alain Lenfant est accompagnateur en montagne. Il vit depuis 10 ans dans le hameau de Tencovaz et a grimpé dans ce pilier nord-ouest il y a deux mois.

Le témoignage d'Alain Lenfant, accompagnateur en montagne

Ne surtout pas s'approcher des falaises

Le Granier est surveillé par des chercheurs des universités savoyarde et grenobloise qui ont posé des capteurs dans des fissures depuis 1995 sur une écaille détaillée de la face est, côté Chapareillan. Ces capteurs n'ont montré aucun mouvement depuis 20 ans ! Fabien Hobléa est géo-morphologue du Laboratoire EDYTEM de l'Université de Savoie-Mont-Blanc.

Fabien Hobléa, géo-morphologue au Laboratoire EDYTEM

Dès que la neige aura fondu, au printemps, des investigations seront conduites au sommet du Granier. Il reste en effet un risque résiduel de chute de blocs qui ne dépasserait pas la zone de l'éboulis. Les experts estiment qu'il n'y a pas de risque de nouvel effondrement à court terme. Mais la prudence reste de mise : il ne faut surtout pas s'approcher des falaises !

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