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Environnement

Environnement : les experts du Giec appellent à changer en profondeur notre alimentation et l'utilisation des terres

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Dans un nouveau rapport publié jeudi, les experts de l'ONU sur le climat estiment indispensable de repenser l'usage des terres et nos habitudes alimentaires. Ils insistent sur l'importance d'actions "à court terme", pour tenter de ralentir le réchauffement climatique.

L'humanité va devoir nourrir un nombre croissant de personnes tout en limitant le réchauffement.
L'humanité va devoir nourrir un nombre croissant de personnes tout en limitant le réchauffement. © AFP - Bernd Wustneck / / dpa-Zentralbild / dpa Picture-Alliance

Pour réduire le réchauffement climatique, la gestion des terres, la production agricole et l'alimentation doivent changer en profondeur, et des décisions doivent être prises rapidement. Ce sont les conclusions du nouveau rapport du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), dévoilé ce jeudi à Genève. Les experts de l'ONU estiment que si rien n'est fait, la sécurité alimentaire, la santé et la biodiversité seront menacés.

Voici les principaux enseignements de ce rapport (en anglais) de 1.200 pages, dont un résumé a été présenté aux "décideurs politiques" ce jeudi.

Des terres qui se dégradent et se réchauffent plus vite

Selon ce rapport, les hommes utilisent plus de 70% des terres émergées et non recouvertes par les glaces. "Une pression croissante des activités humaines", qui a dégradé la qualité d'environ un quart de ces sols, avec à la clé une perte d'écosystèmes et une baisse de la biodiversité. Le rapport insiste aussi sur la menace posée par la désertification.

Autre conséquence directe de l'activité humaine, le réchauffement climatique qui s'intensifie sur ces surfaces émergées. La température moyenne y augmente plus rapidement (+1,53°C depuis la période dite pré-industrielle) que la température globale, océans compris (+0,87°C). Conséquences : des canicules et des périodes de sécheresse plus fréquentes, et plus intenses. Ces événements climatiques extrêmes "ont déjà affecté la sécurité alimentaire", soulignent les experts, qui décrivent une diminution des récoltes dans certaines régions ou encore une productivité moindre des systèmes d'élevage en Afrique. D'ici 2050, le prix des céréales devrait par exemple connaître une augmentation médiane de 7,6%, avec des conséquences immédiates sur la sécurité alimentaire des populations les plus pauvres.

"Avec un réchauffement climatique autour de 1,5°C, les risques de pénurie d'eau dans les zones arides, de dommages causés par les incendies, de la dégradation du permafrost et d'instabilité dans l'approvisionnement alimentaire sont prévues comme étant importants", préviennent les experts. À 2°C, les risques pour l'approvisionnement alimentaire pourraient devenir "très importants"

Trop de viande, famines : déséquilibres alimentaires dans le monde

Les experts mettent particulièrement en cause notre système alimentaire et "l'expansion de l'agriculture industrielle et de la production de viande". L'agriculture, la sylviculture (exploitation des forêts) et les autres usages de la terre, dont l'élevage, représentent 23% du total des émissions de gaz à effet de serre. Un chiffre qui devrait augmenter, notamment en raison de "la croissance démographique, de la hausse des revenus (qui entraîne une demande accrue en viande, légumes et huiles, ndlr) et des changements de régime alimentaire".

Des régimes alimentaires qui nourrissent mal la planète, avec des déséquilibres dans la répartition des ressources exploitées. Exemple avec l'approvisionnement en viande par habitant, qui a plus que doublé en moyenne depuis 1961. Si dans les régions pauvres, l'apport en protéines animales est parfois insuffisant, dans les pays riches il dépasse les recommandations nutritionnelles de l'Organisation mondiale pour la santé. Autre exemple : alors que 820 millions de personnes souffrent de la faim, deux milliards d'adultes sont en surpoids ou obèses et "25 à 30% de la production totale de nourriture est gaspillée".

Changer de régime alimentaire pour nourrir toujours plus de monde

Pour le Giec, il faut donc que l'humanité change ses habitudes alimentaires, pour relever le défi auquel elle est confrontée : nourrir davantage de personnes tout en limitant le réchauffement. La demande va en effet augmenter avec la population, attendue à 9,8 milliards en 2050 contre 7 milliards aujourd'hui. "Des régimes équilibrés reposant sur des aliments à base de plantes, tels que ceux basés sur les céréales secondaires (moins courants, ndlr), les légumineuses, les fruits et légumes, les fruits à coque et les graines et des aliments d'origine animale produits dans des systèmes résilients, durables et à faibles émissions de gaz à effet de serre présentent d'importantes opportunités", écrivent les experts, qui préconisent une réduction de la consommation de viande.

Au-delà de la problématique spécifique de l'alimentation, le rapport appelle plus généralement à repenser l'utilisation des terres, et propose des modèles durables. Ces derniers combinent boisement, reboisement, réduction de la déforestation et utilisation de bioénergies. L'objectif est de limiter le réchauffement à 1,5°C, sans nécessité de changements massifs d'usage des terres. A contrario, le Giec avertit : les scénarios nécessitant des conversions de terres à très grande échelle (reboisement pour capturer du CO2, champs dédiés aux bioénergies...) pourraient avoir "des effets secondaires indésirables sur l'adaptation, la désertification, la dégradation des terres et la sécurité alimentaire".

Des décisions au mois de décembre ?

Les experts rappellent enfin que la situation nécessite des décisions suivies d'actions _"à court terme"_. "Retarder le passage à l'action pourrait avoir pour conséquence des effets irréversibles sur certains écosystèmes, avec à long terme le risque de conduire à une augmentation considérable des émissions (de gaz à effet de serre) qui accélérerait le réchauffement climatique", écrivent-ils.

Le rapport publié jeudi s'inscrit dans la préparation de la prochaine conférence sur le changement climatique qui se tiendra en décembre au Chili. La COP-25 est censée aboutir sur des moyens d'appliquer l'accord de Paris sur le climat de décembre 2015.