Climat – Environnement

Et si les OGM pouvaient sauver les peintures de la grotte de Lascaux ?

Par Pauline Ben Ali, France Bleu Périgord, France Bleu Toulouse et France Bleu dimanche 7 août 2016 à 18:20

Les huit étudiantes participent au concours IGEM au MIT de Boston du 27 au 30 octobre.
Les huit étudiantes participent au concours IGEM au MIT de Boston du 27 au 30 octobre. - Camille Roux

Huit étudiantes de l'Institut National des Sciences Appliquées et de l'Université Toulouse III de Paul Sabatier lancent ce projet inédit. Elles planchent sur une solution de traitement jusqu'alors jamais envisagée.

Ces huit étudiantes toulousaines en biologie vont passer tout l'été derrière le microscope et les éprouvettes, pour tenter de trouver une solution contre les champignons qui recouvrent de moisissures les peintures de la grotte de Lascaux. Ces jeunes femmes de 21 à 24 ans présenteront le projet lors du concours de biologie de synthèse IGEM 2016 au MIT de Boston du 27 au 30 octobre.

Des OGM pour combattre le champignon

"Cela n'avait pas été fait avant par les scientifiques parce qu'ils avaient d'autres solutions légales, comme appliquer des anti-fongiques directement dans la grotte" explique Camille Roux, présidente de l'association qui gère le projet Paleolitis.

L'idée consiste à modifier le code génétique d'une bactérie déjà présente dans la grotte pour qu'elle s'attaque aux champignons qui recouvrent les peintures de Lascaux. Une solution jamais envisagée jusqu'à présent car la loi française sur les OGM ne le permet pas "On veut montrer qu'avec notre système de confinement en empêchant notre bactérie de donner ses gênes, le tout protégé dans un caisson, la solution est possible". Les étudiantes réfléchissent aussi à un moyen de créer un compteur au sein de la bactérie pour qu'elle meure au bout d'un certain temps, évitant ainsi la propagation.

Etude en laboratoire

Tout se fait en laboratoire sans mettre un pied dans la grotte grâce aux recherches des précédents scientifiques qui ont eu accès à la cavité. Le but n'est pas de disséminer des OGM partout dans Lascaux mais de montrer que l'alternative existe explique Soukaïna Timouma, l'une des étudiantes de l'équipe "On ne veut pas que ce soit applicable tout de suite dans la grotte, ce serait une hérésie de penser ça".

L'équipe exclusivement féminine a jusqu'au 14 septembre pour plancher sur le traitement avant de se rendre à Boston"Peut-être que la grotte de Lascaux n'est pas unique dans le monde, ça serait une tragédie que tous les patrimoines de 18.000 ans soient fermés au public, à cause de contaminations" . Si le projet réussit, les étudiantes ont l'intention de le mettre à disposition de la communauté scientifique pour que les chercheurs intéressés concrétisent l'étude. Cela pourrait prendre une dizaine d'années.

Ce projet coûte 45.000 euros, auxquels il manque encore 1.500 euros aux jeunes étudiantes pour pouvoir décoller vers les Etats-Unis. Une souscription participative a été lancée sur le site web Ulule.

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