Climat – Environnement

Fermes hydroliennes dans la Manche : qu'en pensez-vous?

Par Benoît Martin, France Bleu Cotentin et France Bleu vendredi 19 août 2016 à 10:34

Au large de la pointe de la Hague, le courant du Raz Blanchard est une source d'énergie très convoitée
Au large de la pointe de la Hague, le courant du Raz Blanchard est une source d'énergie très convoitée © Maxppp - Olivier Boitet

Les projets de fermes pilotes d'hydroliennes au large du raz Blanchard à l'Ouest du Cotentin, font l'objet d'enquêtes publiques. Depuis ce jeudi et pour un mois, les habitants sont invités à dire se qu'ils en pensent.

Deux projets de fermes hydroliennes "pilotes" au large de la pointe nord-ouest du Cotentin font l'objet d'enquêtes publiques depuis jeudi et pour un mois. Les hydroliennes sont des turbines sous-marines qui produisent de l'électricité avec l'énergie des courants. Les deux projets sont prévus dans les très forts courants du raz Blanchard.

Mené par EDF, avec DCNS, "Normandie Hydro" prévoit 7 hydroliennes de 16 mètres de diamètres, à 3,5 km de Goury (Manche), à une trentaine de mètres de profondeur, sur une surface de 28 hectares. L'autre projet, baptisé "Nepthyd" mené par Engie avec Alstom, prévoit 4 hydroliennes de 18 mètres de diamètre sur 17 ha, non loin de "Normandie Hydro".

EDF espère démarrer les travaux en 2017 et Engie en 2018, selon le commissaire. Les industriels évaluent à deux ans environ la durée des travaux. Les hydroliennes de Nepthyd affichent un puissance de 1,4 MW chacune (de quoi alimenter 15.000 personnes en électricité), celles de Normandie Hydro 2 MW.

Un projet qui ne fait pas l'unanimité

L'association de défense des milieux marins Robin des bois est contre ces projets en zone Natura 2000. Elle s'inquiète des conséquences de l'implantation d'éoliennes sur ce site du raz Blanchard, véritable torrent sous-marin à la fonctionnalité écologique majeure. Opposants, partisans et simples citoyens intéressés par ce projet ont désormais un mois, jusqu'au 19 septembre, pour consulter les documents dans les 5 communes concernées (Auderville, Jobourg, Saint-Germain-des-Vaux, Digulleville, Omonville-la-Petite et Herqueville) et apporter des remarques sur les registres mis à disposition.

Déjà des tests en Bretagne

Actuellement, seules deux hydroliennes sont immergées au large des côtes françaises, près de l'île de Bréhat (Côtes d'Armor). Elles doivent être raccordées au réseau durant l'été, indiquait en juin DCNS qui les a conçues. Elles devraient alors former le premier parc, en France et dans le monde, d'hydroliennes raccordées via un seul câble au réseau national de distribution d'électricité, selon DCNS qui a un projet similaire au large du Canada.

Selon DCNS, le projet de Bréhat vise à montrer la faisabilité technologique des hydroliennes, tandis que celui du raz Blanchard vise à "démontrer le modèle économique hydrolien". La troisième étape serait l'ouverture de "fermes commerciales" de 50 à 150 unités (soit 300 MW) d'ici à 2023, selon DCNS. D'ici là, l'industriel annonce des "coûts divisés par trois". Cette énergie fait l'objet de subventions. Pour le projet Nepthyd par exemple, la France prévoit de verser 51,23 millions d'euros, au moyen d'une subvention directe et d'avances qui seront remboursées "si la technologie devait tenir ses promesses", selon une source proche du dossier.

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