Climat – Environnement DOSSIER : Fessenheim : la plus ancienne centrale nucléaire de France

Fessenheim : pourquoi le conseil d'administration d'EDF est décisif pour l'avenir de la centrale nucléaire

Par Guillaume Chhum, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu dimanche 22 janvier 2017 à 22:20

C'est au conseil d'administration d'EDF de rendre sa décision sur l'avenir de la centrale nucléaire de Fessenheim.
C'est au conseil d'administration d'EDF de rendre sa décision sur l'avenir de la centrale nucléaire de Fessenheim. © AFP - Sébastien Bozon

Le conseil d'administration d'EDF va rendre mardi 24 janvier sa décision sur l'avenir de la centrale nucléaire de Fessenheim. Il peut ouvrir la voie au processus de fermeture, refuser la proposition d'indemnisation de l'Etat ou gagner du temps. Les syndicats débrayent dès 6 heures ce lundi.

C'est une étape décisive pour l'avenir de la centrale nucléaire de Fessenheim dont François Hollande a promis la fermeture lors de la campagne présidentielle. Après l'avis unanimement négatif des syndicats au CCE du 10 janvier 2017, c'est au conseil d'administration d'EDF qu'il revient de se prononcer, ce mardi Cette fois, il ne s'agit pas d'un avis consultatif, mais d'une décision qui peut ouvrir la voie au décret de fermeture de la centrale alsacienne, la plus ancienne de France. Pour faire pression sur la décision, dès 6 heures ce lundi, les syndicats de Fessenheim appellent à un débrayage de 48 heures. Blocage, piquets de grève et peut-être baisse de charge de la centrale.

Très précisément, les administrateurs examinent le protocole d'indemnisation conclu avec l'État. L'indemnisation s'élève à 446 millions d'euros, une somme jugée ridicule par les syndicats.

18 administrateurs doivent se prononcer. Les 6 représentants des syndicats ont annoncé qu'ils voteront contre. Les 6 représentants de l’État ne devraient pas prendre part au vote à cause des conflits d'intérêts. Reste 6 administrateurs indépendants, des chefs d'entreprises, mais aussi l'ancienne patronne du MEDEF Laurence Parisot qui pourrait faire pencher la balance vers l'un ou l'autre choix. La voix de Jean-Bernard Levy le PDG d'EDF compte double. *La décision doit-être prise à la majorité. Trois scénarios sont possibles.
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Accepter la fermeture

L’État publiera un décret d'abrogation de l'autorisation d'exploiter, pour un arrêt de Fessenheim fin 2018, qui correspond au démarrage de l'EPR de Flamanville. François Hollande aura alors tenu une de ses promesses de campagne, même si il s'était engagé pour une fermeture avant la fin de son quinquennat.

Refuser la proposition de l'Etat

La centrale continuera de fonctionner sans aucun problème ce sera alors un vrai camouflet pour le gouvernement qui veut à tout prix cette fermeture. François Hollande n'aura pas alors respecté sa promesse de campagne.

Demander plus d'éléments et repousser la décision

Les élus pensent qu'il n'y a pas urgence et qu'ils n'ont pas tous les élèments pour se prononcer pour ou contre la fermeture de Fessenheim. Ils proposent alors de remettre leur décision lors d'un nouveau conseil d'administration au mois de juin. Ce sera juste après les élections présidentielles. François Hollande sera le grand perdant, il n'aura pas tenu une de ses promesses de campagne : fermer la centrale de Fessenheim.