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Climat – Environnement

"Forêt à défendre" à Romainville : des militants s'opposent à l'abattage d'arbres

jeudi 25 octobre 2018 à 4:51 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris

Depuis bientôt trois semaines, des dizaines de militants s'opposent aux travaux de défrichage, sur le site de la forêt de la corniche des forts à Romainville. Une île de loisirs doit s'y implanter, projet porté par la région et soutenu par la maire qui dénonce des opposants "hors la loi".

Des militants opposés à l'abattage d'arbres de la forêt de la corniche des forts à Romainville en Seine-Saint-Denis
Des militants opposés à l'abattage d'arbres de la forêt de la corniche des forts à Romainville en Seine-Saint-Denis © Radio France - Rémi Brancato

Romainville, France

Ils sont plusieurs dizaines tous les jours, dans ce que certains d'entre eux appellent une "FAD", une forêt, et non une zone, à défendre.  Des dizaines de militants se réunissent chaque matin pour tenter de perturber le chantier d'abattage des arbres à Romainville, en Seine-Saint-Denis, sur le site de la forêt de la corniche des forts. Une partie de cette forêt sauvage, 8 hectares sur 28, doit être aménagée pour y installer une "île de loisirs" avec site d’accrobranche, chemin d'observation de la nature et poney club. Un projet voté par la région Île-de-France et relancé par Valérie  Pécresse.

Des militants dorment dans la forêt

L'abattage a commencé le 8 octobre. Mais depuis, des dizaines de militants s'y opposent, recevant le soutien de personnalités comme Catherine Ringer récemment. "Je suis venu à 7h ce matin" raconte Chantal Thibaut, rencontrée ce mercredi, retraitée. Elle raconte avoir stoppé les engins de chantier en s'interposant.

Laurence Guillou a même dormi sur place dimanche soir. "On avait peur que le lendemain l'abattage ne recommence" raconte cette habitante, promeneuse habituelle de cette forêt : "alors on amené nos tentes et nos deux chiens, avec une amie". "On est des zadiromainvillois" lâche-t-elle dans un rire.

ECOUTER - Les militants sont présents tous les jours depuis bientôt trois semaines

"C'est un crève coeur" estime Stéphane Dupré, conseiller municipal NPA (opposition) de Romainville, constatant l'abattage de 70% de la zone concernée par l'aménagement. "Ils ont abattu des arbres de 40 mètres" s'insurge de son côté Hélène Zanier, présidente des amis de la corniche des forts, association qui défend le site. 

Une action "hors la loi" pour la maire

"Les romainvilloises et les romainvillois sont dans l'attente de cet espace vert et sont assez loin des raisons qui mobilisent certains à ce jour" estime Corinne Valls, la maire PS de Romainville, qui a lancé un appel à la mobilisation des habitants favorables au projet et qui dénonce des opposants "hors la loi" car occupant un site interdit d'accès pour des raisons de sécurité. Cette ancienne carrière de gypse menace en effet de s'effondrer par certains endroits. Le projet vise justement à combler le sol avec du béton.

Les militants affichent leur opposition à l'abattage des arbres - Radio France
Les militants affichent leur opposition à l'abattage des arbres © Radio France - Rémi Brancato

Mardi, une quarantaine d'élus de gauche, essentiellement de Seine-Saint-Denis, parmi lesquels Clémentine Autain, Sabine Rubin ou Eric Coquerel, députés insoumis, ont envoyé un courrier à Valérie Pécresse, présidente de la région, pour lui demander un moratoire sur ce chantier et un dialogue. "Qu'on se mette tous autour d'une table et qu'on voie comment faire autrement" réclame Stéphane Dupré, également signataire.

ECOUTER - Stéphane Dupré, conseiller municipal NPA signataire du courrier

La région porte plainte

"Je les recevrai" répond Patrick Karam, vice président de la région en charge du dossier "et on pourra dialoguer comme je l'ai toujours fait : j'ai reçu les associations cinq fois" ajoute-t-il, défendant un "projet véritablement écologique : sur les 500 arbres que nous enlevons, nous en replantons 2000".

ECOUTER - Patrick Karam, vice président (LR) de la région Île-de-France

Il précise par ailleurs que la région Île-de-France n'a pas l'intention de stopper le chantier et a porté plainte contre X pour intrusion sur le site.