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Climat – Environnement

François de Rugy : les salariés de la centrale à charbon du Havre seront accompagnés dans leur reconversion

vendredi 12 avril 2019 à 10:31 Par Flavien Groyer, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Le ministre de l'Ecologie est au Havre ce vendredi 12 avril pour rencontrer élus et syndicats sur le devenir de la centrale à Charbon de la ville. A l'horizon 2022, elle ne pourra plus produire d'électricité à partir du charbon. Il était notre invité ce matin sur France Bleu Normandie.

François de Rugy est venu évoquer l'avenir de la centrale avec les syndicats et les élus locaux.
François de Rugy est venu évoquer l'avenir de la centrale avec les syndicats et les élus locaux. © Radio France - Hélène Fromenty

Le Havre, France

A l'horizon 2022, quatre centrales à charbon devront être fermées dont celle du Havre. Le ministre de l'Ecologie François de Rugy est au Havre ce vendredi 12 avril pour rencontrer élus et syndicats sur le devenir de la centrale. Elle ne pourra plus produire d'électricité à partir du charbon. Il était notre invité ce matin sur France Bleu Normandie.

Une centrale morte ?

François de Rugy le rappelle : "Nous voulons sortir de la production d'électricité par le charbon car cela détériore le climat, le charbon émet le plus de gaz à effet de serre."

"Nous accompagnons les entreprises concernées, EDF, les salariés et les territoires pour envisager la reconversion, le reclassement du personnel notamment à l'intérieur d'EDF." En 2017, la centrale de Porcheville dans les Yvelines avait été fermée sans le moindre accompagnement de l'Etat. 

Nous avons décidé de fermer les quatre dernières centrales à charbon en France d'ici 2022

Alors auront-ils toujours un emploi ? "On fera tout pour des projets de reconversion. Sur la zone portuaire du Havre, il y a un projet d'usine d'éoliennes qui prévoit 750 à 1000 emplois" explique François de Rugy.

Il reconnait également que pour un salarié, le passage du charbon à l'éolien sera long.

La biomasse, une solution de reconversion ?

"C'est ce dont on discute avec les représentants des salariés, avec EDF" assure le ministre de l'Ecologie.

"Le projet "Ecocombust", qui vise à remplacer le charbon par des granulés fabriqués à base de déchets de bois, est à l'étude. C'est un projet EDF, ce n'est plus simplement un projet porté par des salariés et donc nous avons posé un certain nombre de questions à EDF pour voir si ce projet est faisable et dans quelles conditions." continue-t-il.

Selon un rapport complémentaire de Réseau Transport Electricité, la centrale de Cordmemais (44) pourrait rester en activité. François de Rugy favorise-t-il son territoire ? (il est élu de Loire Antlantique, ndlr). "Je connais ces polémiques politiciennes" répond le ministre. Nous sommes très vigilants à garantir aux Français, y compris dans un temps long, la sécurité d'approvisionnement en électricité. " (NDLR : notamment dans l'Ouest de la France).

Et le ministre de continuer : "Cela passe par des mesures de précaution dans le cadre de la transformation de la production d'électricité en France et parmi ces mesures de précaution il y a la possibilité que la centrale de Cordemais soit mise en veille et qu'elle ne fonctionne plus que quelques centaines d'heures par an. Ce n'est pas encore décidé, c'est une possibilité qui sera discutée avec EDF."  (NDLR : cette mise en veille et cette petite production est envisagée dans le cas où il y a encore du retard dans la mise en service de l'EPR de Flamanville)

"Ce n'est pas comme ça qu'on fait de l'écologie"

De leur côté, les syndicats - que le ministre a rencontré à la chambre de commerce du Havre - veulent croire en Ecocombust. "Ce projet répond complètement à l'enjeu écologique du moment, estime Frédéric Guérin, employé de la centrale et délégué syndical CGT. Il faut seulement lui laisser du temps pour voir le jour."

"C'est seulement pour assurer la transition, continue Guillaume Argentin, également délégué CGT. Si ça doit durer 10 ans, ça durera 10 ans. Le problème c'est qu'aujourd'hui, on ferme des centrales alors que les modes de productions alternatifs, comme l'EPR de Flamanville ou les éoliennes offshore, ne sont pas prêts ! Ce n'est pas comme ça qu'on fait de l'écologie."

Pour autant, François de Rugy ne ferme pas complètement la porte à la reconversion ce qui rassure un peu certains. "Lors de notre échange aujourd'hui, on n'a pas entendu une position ferme qui disant 'on n"en veut pas', assure Thierry Delpeche, de Force Ouvrière. Donc ça reste un espoir." 

Sur ce point, la balle est désormais dans le camp d'EDF. Le fournisseur doit prouver au gouvernement que les centrales à charbon peuvent avoir une seconde vie tout en étant rentable.