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Climat – Environnement

Friche Saint-Sauveur de Lille : la décision du tribunal freine-t-elle le projet ?

mardi 9 octobre 2018 à 3:02 Par Cécile Bidault, France Bleu Nord

C'est une victoire pour les écologistes : le tribunal administratif de Lille a, vendredi 5 octobre 2018, suspendu la délibération de la Métropole européenne de Lille qui a lancé le projet d'aménagement de la friche Saint-Sauveur. Cet espace vert de 23 hectares est situé à l'entrée de Lille.

Les 23 hectares de l'ancien site ferroviaire doivent devenir un nouveau quartier, avec plus de 2000 logements et une piscine olympique
Les 23 hectares de l'ancien site ferroviaire doivent devenir un nouveau quartier, avec plus de 2000 logements et une piscine olympique © Maxppp - PHOTOPQR/VOIX DU NORD

Lille, France

Gel ? Retard ? Coup d'arrêt ? Que signifie vraiment la décision rendue ce vendredi par le juge des référés du tribunal administratif de Lille ? L'association pour la suppression des pollutions industrielles (A.S.P.I.) et l'association Protection, aménagement, réappropriation collective du site Saint-Sauveur (P.A.R.C.) ont saisi la justice, car elles s'opposent au projet d'aménagement de la friche, située à l'entrée de Lille.

La Métropole européenne de Lille (MEL) et la municipalité veulent en faire un nouveau quartier, avec 2500 logements et une piscine olympique. Après une audience qui s'est tenue le 18 septembre 2018, le juge a rendu sa décision le 5 octobre : il annule la délibération de la MEL du 15 juin, qui déclarait le projet Saint-Sauveur d'intérêt général, ouvrant la voie à sa mise en œuvre concrète.

Une victoire pour les associations

Camille, de l'association P.A.R.C., considère cette décision comme une victoire : "l'intérêt général d'un projet, ça ne se décroche pas à coups de campagnes de communication, de simulacre de consultations. Ça prend du temps. On a voulu nous faire croire qu'il était trop tard pour que les habitants se saisissent du dossier, se réapproprient collectivement le site, mais on a pris le temps d'apprécier les enjeux, et finalement de contrer un projet de bétonnisation".

Dans son ordonnance, le juge estime que l'étude d'impact pour connaître les conséquences de ces constructions sur l'environnement et la santé des Lillois est insuffisante, que le projet de piscine n'est pas assez détaillé. Donc que la population n'a pas été assez informée pour se prononcer lors de l'enquête publique.

Thomas de l'A.S.P.I., estime que le projet est "gelé" et que la ville et la MEL "ont perdu au moins deux ans". "On a fait tout pour", détaille-t-il, "on a établi une contre-expertise sérieuse, et c'est ça, le message qu'on veut faire passer : c'est possible !"

Thomas de l'association A.S.P.I.

La ville de Lille "calme et sereine"

La MEL -restée silencieuse depuis vendredi- n'a pas encore décidé si elle allait faire appel de cette décision. Si elle ne le fait pas, sa délibération est suspendue, en attendant un jugement sur le fond, qui peut prendre une ou plusieurs années.

Malgré tout, la ville de Lille considère que le projet n'est pas gelé, et ne prendra pas de retard, même si elle envisage une nouvelle enquête publique. Stanislas Dendievel, conseiller municipal délégué à l'urbanisme, pense que l'ordonnance "ne remet pas en cause le projet sur le fond. Aujourd'hui, nous restons calme et serein quant au calendrier et aux objectifs que nous portons autour de ce projet".

Stanislas Dendievel, conseiller municipal délégué à l'urbanisme à Lille

Pas de remise en question du projet, donc, mais les associations ne désarment pas : cette friche doit rester un poumon vert car "Lille est déjà l'une des métropoles les plus polluées de France. Selon l'Institut national de veille sanitaire, la pollution provoque 1700 décès par an".

Un débat sur le sujet a lieu ce mercredi 10 octobre au Polder, un café à Hellemmes, où les associations comptent célébrer leur première victoire judiciaire.

DOSSIER de France Bleu Nord : la justice suspend la délibération de la MEL sur la friche Saint-Sauveur