Climat – Environnement

Gare de Vandières : Jean-Pierre Masseret jette l’éponge

Par François Pelleray, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu Sud Lorraine jeudi 19 février 2015 à 18:27

Vandières : panneau de la gare
Vandières : panneau de la gare © Maxppp

Retournement de situation dans le feuilleton « Vandières ». Jean-Pierre Masseret range dans les cartons le projet de gare TGV. Trois semaines après la victoire du « non » lors de la consultation des Lorrains, le président du conseil régional renonce.

« Vue les contestations et par respect pour le résultat de la consultation, le projet ne peut pas être engagé par ma majorité  ». Jean-Pierre Masseret ne lancera pas la construction d'une seconde gare TGV, à 20 kilomètres de celle de Louvigny, mais avec l'intérêt d'être connectée à la ligne TER Metz-Nancy.

Jean-Pierre Masseret a donc décidé de se plier à l'avis des Lorrains  : « qui serais-je si je ne respectais pas le vote des Lorrains, y compris ce qui ne me plait pas ?  »

Vandières PIF Masseret

Jean-Pierre Masseret justifie cette décision qui va à l'encontre de ses convictions : « On n’a pas le droit de s’asseoir sur ce que viennent de dire les Lorrains. Après on peut garder son opinion, et dire que c’est dommage. C’est vrai que l’opposition a voulu saisir ce dossier pour me taper sur la figure, mais elle a porté préjudice aux Lorrains et c’est de sa responsabilité  ».

« Un coup politique qui lui revient comme un boomerang »

« Tout ça pour ça  » attaque son opposante Nadine Morano . « Il a préféré faire un gaspillage d’argent public en utilisant 300 000 euros dans une consultation dont il savait bien que le résultat serait négatif. C’est une opération politicienne qui lui revient en boomerang dans la figur e ».

Dans la majorité de Jean-Pierre Masseret, certains accusent le coup. Comme le vice-président aux transports, le communiste Patrick Hatzig  : « c’est certain qu’il y a une certaine frustration au sein de la majorité. Parce que nous avions tous les arguments, et les financements pour faire Vandières, donc oui le terme frustration est juste  ».

Quid de Vandières au sein de la grande région ?

Le projet de gare TGV à Vandières pourrait revenir sur la table en décembre lors de la campagne des élections régionales. Seulement, la Lorraine devra cette fois composer avec l'Alsace et la Champagne-Ardenne souligne l'écologiste Daniel Beguin  : « Vu d’Alsace, la gare de Vandières est un détail, vu de Reims, elle n’a aucun intérêt. Donc on voit bien que dans la nouvelle grande région, le projet de Vandières sera affaibli  ».

L’UMP Nadine Morano dit à peu près la même chose. Si la droite l'emporte en décembre, le projet de gare à Vandières ne sera certainement pas une priorité à l'échelle de la future grande région.

Vandières PAF Morano

Et si la droite remporte l'élection de décembre, est-ce qu'elle relancera le projet ? La conseillère régionale UMP Nadine Morano répond non : «  quand vous avez déjà une gare, est-ce que c’est la priorité des Lorrains de dépenser de l’argent dans une nouvelle gare alors qu’on a une autoroute totalement saturée (A31). A la limite c’est un choix de luxe que d’avoir une seconde gare TGV. Nous n’avons pas de gare d’interconnexion, c’est vrai. Mais la réalité c’est qu’il faut prévoir aussi les aménagements routiers, de nouvelles rames TER, des parkings. Il y a donc de nouvelles dépenses à faire. Est-ce que c’est ça la priorité de demain ? Je ne le crois pas  ».

Vandières SON maire vandières

Le maire de Vandières, Claude Robert , affirme que Jean-Pierre Masseret cherche à se débarrasser de ce projet depuis déjà plus de 10 ans : « j’ai eu un contact avec Monsieur Masseret après son élection de 2004. Et la première question que j’ai posée à mon adjoint à l’époque était : est-ce que tu n’as pas l’impression que le président Masseret cherche déjà à ne pas faire la gare de Vandières et à tout faire pour que ce ne soit pas lui le responsable ? Alors peut-être que je me trompe, mais depuis tout va dans mon sens. Il a mis six ans pour faire l’enquête publique, il a mis un certain temps pour trouver le financement. Et une fois qu’il l’a trouvé, il a lancé la consultation. Et n’importe qui de sensé savait que le non l’emporterait. Et donc il a trouvé le moyen de ne pas faire Vandières mais sans que ce soit lui le responsable  ». Pas de réaction pour l’heure de Jean-Pierre Masseret.

Vandières : les résultats de la consultation par département.