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Climat – Environnement

À Vienne, la station d’épuration de l'agglomération va produire du méthane

samedi 25 mars 2017 à 20:06 Par Jacky Page, France Bleu Isère

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Démonstration dans la communauté d’agglomération du pays viennois, dont la plus importante station d’épuration va produire du biogaz. Les installations sont prêtes. Un contrat a été signé avec GRDF qui injectera le méthane dans son réseau.

De nouveaux équipements pour produire du biogaz à partir des boues résiduelles de la station d'épuration.
De nouveaux équipements pour produire du biogaz à partir des boues résiduelles de la station d'épuration. © Radio France - Jacky Page

Reventin-Vaugris, France

Les égouts peuvent devenir une source d'énergie. La plus importante station d'épuration de la communauté d'agglomération du pays viennois, installée à Reventin-Vaugris, vient d'être agrandie et modernisée, un investissement de 17 millions d'euros. On a profité des travaux pour ajouter des installations permettant de transformer en méthane la matière organique contenue dans les boues qui restent, après le processus de traitement des eaux usées.

C’est dans une vaste cuve appelée « digesteur » que des bactéries fabriquent le biogaz, et dans le même temps réduisent le volume des boues. Les boues résiduelles sont ensuite acheminées sur un site de compostage. Le gaz, qui peut être stocké dans un gazomètre de 800 mètres cubes, servira à produire de l’eau chaude utilisée sur le site, de l'électricité, et il sera aussi vendu à GRDF qui l'injectera dans son réseau, après quelques opérations indispensables. Il faudra en effet épurer le méthane pour lui fournir des caractéristiques similaires au gaz naturel présent dans le réseau, et aussi lui donner l’odeur caractéristique du gaz de ville, destiné à prévenir les usagers en cas de fuite.

De quoi chauffer un millier de logements

Bernard Linage, président du Systepur, le syndicat mixte pour l’exploitation de la station d’épuration de l’agglomération viennoise, a calculé que la production de biogaz devrait rapporter 700 euros chaque jour. Son volume suffirait chaque année à couvrir la consommation d'un millier de logements, ou à fournir de quoi rouler à une vingtaine de bus fonctionnant au gaz. L’un de ces bus a été testé ce vendredi matin dans l’agglomération viennoise.

Nettement moins polluant qu’un véhicule diesel, le bus gaz est aussi moins bruyant, produit moins de vibrations pour les passagers. Il n’a qu’un défaut : sa hauteur, qui l’empêche de passer sous un pont à Chasse-sur-Rhône. Le réservoir de gaz est en effet situé sur le toit du bus, qu’il rehausse sensiblement. Mais on en verra sans doute prochainement circuler sur le réseau des transports en commun de l’agglomération. Et tant mieux si au bout du compte on réduit la pollution. Thierry Kovacs, président de ViennAgglo, en est convaincu : la lutte contre le réchauffement climatique est selon lui le principal combat à mener dans le monde. Et il rappelle que 300.000 personnes en meurent chaque année.

Des initiatives appelées à se multiplier

Les initiatives de ce genre sont appelées à se multiplier selon Didier Saussier, directeur régional de GRDF, qui a signé un contrat pour l'injection du méthane dans son réseau, après avoir visité les installations. Après Grenoble et Annecy, Vienne est la troisième ville en Rhône-Alpes, à équiper en production de biogaz une station d’épuration. « L’avenir, c’est une multitude de sites de cette taille, répartis sur tout le territoire, qui vont produire chacun une quantité de gaz plus ou moins importante. » L'objectif fixé par le gouvernement est de porter à 10% la proportion de biogaz dans le réseau à l'horizon 2030.

La station d'épuration de Reventin-Vaugris fonctionne pour 22 communes de l’Isère et du Rhône. Conçue à l’origine pour traiter les eaux usées de 65.000 habitants, sa capacité va être portée à 125.000 habitants. Elle commencera à produire du biogaz au mois de mai. L'injection dans le réseau débutera à la rentrée.