Climat – Environnement

Gelées matinales : prudence dans les jardins et les fermes de Normandie

Par Lucas Valdenaire, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) jeudi 20 avril 2017 à 11:07

Edouard Stalin, le gérant de la ferme, vérifie chaque soir que tous ses plants sont protégés du froid.
Edouard Stalin, le gérant de la ferme, vérifie chaque soir que tous ses plants sont protégés du froid. © Radio France - Lucas Valdenaire

Près de 20 degrés au meilleur de la journée et moins de zéro au petit matin. Cette semaine est risquée pour les jardiniers, maraîchers et autres arboriculteurs. A la ferme de la Mare des Rufaux dans l'Eure, on fait tout pour protéger les jeunes pousses.

La nuit de mercredi à jeudi était la plus froide depuis plusieurs semaines dans la région. Après plusieurs jours de douceur, le froid du matin est de retour. Jusqu'à - 5 degrés par endroits dans l'Eure. Une mauvaise nouvelle pour les jardiniers et les producteurs de la région. Exemple à la ferme de la Mare des Rufaux : une ferme bio à Bouquetot.

Des fleurs brûlées

Le gel peut véritablement mettre à mal des semaines de travail, comme l'explique Edouard Stalin, le gérant de la ferme. C'est même un véritable casse-tête. En quelques jours à peine, Edouard le maraîcher est devenu équilibriste : coincé, entre les chaleurs du jour et les gelées de la nuit. "Les pommiers sont en fleurs et avec des grands coups de gel, ça peut faire avorter ces fleurs, on dit brûler des fleurs. Cela peut avoir des conséquence sur la production."

Quand c'est du givre ou des petites gelées, ce n'est pas trop grave. Mais des grands coups de froids violents, ça peut être fatidique.

"Cela peut avoir des conséquences sur la production" - Edouard Stalin, maraîcher et arboriculteur.

Il y a certains légumes, ils peuvent monter en graines, des salades, du fenouil par exemples. A cause des écarts de températures, ils ne comprennent pas ce qu'il se passe et ça peut faire foirer des cultures.

Dans les serres, en pleine journée, les températures peuvent atteindre les 30 degrés. Et le soir, il faut recouvrir et protéger tous les plants. Des heures de travail et de vérification. De tels écarts à cette période de l'année ? Edouard Stalin y voit le signe du dérèglement climatique.

Il a gelé jusqu'à -5 degrés dans la nuit de jeudi à vendredi dans l'Eure.  - Radio France
Il a gelé jusqu'à -5 degrés dans la nuit de jeudi à vendredi dans l'Eure. © Radio France - Lucas Valdenaire

"Il n'y a plus de repères"

Hier j'étais sur la route et j'ai essuyé du grésil, de la neige fondue. Il n'y a plus de saison, comme disent les anciens.

"Les anciens, eux, avaient des repères" - Edouard Stalin

On dit un agriculteur, ça se plaint tout le temps de la météo, mais là on est bien obligé de faire avec. Avant, les anciens avaient des repères : les giboulées de mars ou encore les Saints de glace. Et il n'y a pas que nous, ça se passe partout sur la planète, les paysans ne savent plus comment faire et ils apprennent au jour le jour.

Bonne nouvelle : les gelées matinales devraient se faire de plus en plus rares ces prochaines jours en Normandie. Les cultures de la ferme de la Mare des Rufaux ne sont pas sérieusement menacées.

Edouard Stalin et sa compagne ont créé cette ferme bio il y a 6 ans. Une nouvelle forme de production qui s'adapte à la nature, et donc parfois, au froid. Le couple lance aujourd'hui un nouveau système de troc : un coup de pouce financier pour développer la ferme, en échange d'une formation ou d'un panier bio.