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Climat – Environnement

Gironde : le combat sans fin à Soulac-sur-Mer des copropriétaires du Signal, symbole de l'érosion côtière

jeudi 11 janvier 2018 à 16:45 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde

Le Conseil d'Etat se penche ce vendredi sur le recours déposé par les 75 copropriétaires à Soulac-sur-Mer du Signal, cet immeuble de bord de mer évacué il y a quatre ans qui menace depuis de s'effondrer. Ils réclament toujours une indemnisation "décente" de leurs biens.

Le Signal, en bord de mer à Soulac-sur-Mer, en janvier 2018
Le Signal, en bord de mer à Soulac-sur-Mer, en janvier 2018 © Radio France - Aurélie Bambuck

Soulac-sur-Mer, France

C'est un nouvel épisode dans le combat que mènent les 75 copropriétaires du Signal, à Soulac-sur-Mer. Cet immeuble de quatre étages, sur le front de mer, est devenu le symbole du retrait du trait de côte, et menace toujours de s'effondrer.  Il n'est plus qu'à une dizaine de mètres désormais de la plage.

Le Conseil d'Etat va examiner le dossier ce vendredi après-midi.  Les juges doivent se prononcer sur une QPC (une Question Prioritaire de Constitutionnalité), puis l'affaire sera examinée plus tard sur le fond par cette même juridiction. 

Le Signal a été évacué en janvier 2014, par arrêté préfectoral, et depuis, les copropriétaires se battent devant la justice pour être indemnisés correctement.  La seule proposition de l'Etat qui leur a été faite - et qu'ils avaient rejetée - était un versement de 20 000 euros à chacun par appartement.  Ils demandent à bénéficier du Fonds Barnier, qui pour les victimes de catastrophes naturelles, prévoient des indemnisations à  hauteur du prix d'achat de leur appartement. Or, la justice le leur a toujours refusé jusque là. 

C'était tellement anormal de voir qu'à certains endroits, et selon l'engagement des élus locaux, ils arrivent à obtenir le Fonds Barnier et que nous, nous n'y avons pas droit. On se moque de nous. — Jean José Guichet, président du syndicat des copropriétaires du Signal. 

"Pas éligible au Fonds Barnier? On se moque de nous" Jean-José guichet, président du syndicat des copropriétaires

Un combat devant la justice qui dure depuis six ans

Cela fait six ans que le syndicat des copropriétaires a engagé cette bataille judiciaire, avant même l'évacuation du Signal en janvier 2014.  À 80 ans, Jean-José Guichet reconnaît que cette charge est de plus en plus lourde à porter, et que la lassitude gagne.  

Chaque année, six ou sept appartements se vendaient, ce sont des jeunes qui achetaient et qui pour cela, s'endettaient. Ils continuent aujourd'hui à rembourser les crédits. L'un de nous doit même payer jusqu'en 2029

Le Signal, en janvier 2014. - Maxppp
Le Signal, en janvier 2014. © Maxppp - Laurent Theillet

Pour le président du syndicat des copropriétaires, "si nous étions sur le Bassin, avec des propriétaires de belles villas, on n'en serait pas là."  Pendant ce temps, les marées continuent de grignoter la dune devant le Signal, et l'immeuble , aux vitres brisées et aux façades dégradées, est aujourd'hui une immense ruine, face à l'Océan. 

J'y retournais pratiquement tous les mois jusqu'à l'année dernière, mais plus maintenant. Je ne vous cache pas ce que c'est de plus en difficile. Quand vous voyez l'état de nos appartements .... C'est ignoble, et tout le monde s'en fout". 

"De notre sort, tout le monde s'en fout"

Quelle que soit la décision du Conseil d'Etat, de renvoyer ou pas le dossier devant le Conseil Constitutionnel pour une Question Prioritaire de Constitutionnalité, l'examen du dossier sur le fond ne devrait pas intervenir d'ici quelques semaines, voire quelques mois.