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Climat – Environnement

Glyphosate : après la condamnation de Monsanto, les défenseurs de l'environnement saluent une décision historique

samedi 11 août 2018 à 16:18 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Le géant de l'agrochimie Monsanto a été condamné, vendredi aux États-Unis, à verser 289 millions de dollars à un jardinier atteint d'un cancer après avoir utilisé les herbicides fabriqués par la firme pendant des années. En France, les écologistes réclament l'interdiction du glyphosate au plus vite.

Le Roundup a été reconnu comme responsable du cancer d'un jardinier américain.
Le Roundup a été reconnu comme responsable du cancer d'un jardinier américain. © AFP - JOSH EDELSON

Une décision historique, qui suscite l'espoir des défenseurs de l'environnement. Après la condamnation de l'entreprise américaine Monsanto aux États-Unis vendredi, qui devra verser 289 millions de dollars (253 millions d'euros) à un jardinier d'écoles primaires victime d'un cancer, les associations écologistes en France réclament l'interdiction rapide du glyphosate, et dénoncent une entreprise "criminelle". Monsanto va faire appel de sa condmnation.

Europe-Ecologie Les Verts appelle le gouvernement à "cesser de tergiverser" 

Europe-Écologie-Les Verts appelle, ce samedi, le gouvernement français à "cesser de tergiverser" et à en "finir avec le glyphosate". "Cette condamnation, la première aux Etats-Unis, est historique", a réagi le parti dans un communiqué, louant "le courage et l'abnégation de Dewayne Johnson", le jardinier qui estime que les produits de Monsanto, notamment le Roundup, ont entraîné son cancer et que la multinationale a sciemment caché leur dangerosité.

L'eurodéputé Yannick Jadot, a, lui, estimé sur Twitter que "la justice prend les décisions courageuses que nos gouvernements auraient dû prendre". Il plaide à nouveau pour un changement de modèle agricole.

Le député européen José Bové, lui, a estimé sur Twitter que "le glyphosate est un poison. Son interdiction est inéluctable". Il affirme également que Monsanto, "ce ne sont pas des magouilleurs mais des criminels". 

Pour la Confédération paysanne, il faut "sortir des pesticides" 

Pour la Confédération paysanne, syndicat agricole qui défend des pratiques plus respectueuses de l'environnement, la lourde condamnation de Monsanto, est "la preuve qu'il faut sortir des pesticides", a estimé samedi son porte-parole Laurent Pinatel. "Ce jugement, c'est une nouvelle fois la preuve que les pesticides sont dangereux pour la santé, des utilisateurs en premier lieu - et donc des paysans et des paysannes -, et puis par ricochet, aussi de ceux qui consomment les produits", a-t-il indiqué à l'AFP.

"Il faut absolument se donner les moyens de sortir des pesticides, de cette dépendance", a-t-il jugé. Le responsable syndical a rappelé "cette promesse d'Emmanuel Macron de sortir du glyphosate". "Mais de façon globale", il a appelé le gouvernement à "(accompagner) par des politiques publiques le passage d'une agriculture aujourd'hui avec béquille chimique, vers une agriculture (...) où on arrête d'utiliser des produits qui sont en train de tuer les paysans et les paysannes".

Pour Greenpeace , "la justice agit là ou le gouvernement n'est pas présent"

"Notre première réaction, c'est de dire 'enfin et heureusement', parce qu'avec tous les éléments à charge contre Monsanto, cela aurait été absolument incompréhensible qu'il ne soit pas condamné", a déclaré à l'AFP Suzanne Dalle, de Greenpeace France. "La justice agit là ou le gouvernement n'est pas présent. Il faut que les citoyens continuent de se mobiliser pour que le glyphosate soit enfin interdit en France et en Europe", a-t-elle insisté.

"Une décision historique" pour Générations futures

De son côté, "Générations Futures salue cette décision historique, qui reconnaît le caractère cancérogène de ces produits à base de glyphosate et la responsabilité de Monsanto dans le fait de les avoir mis sur le marché sans en avertir le consommateur", a réagi son directeur François Veillerette.

Monsanto savait depuis le début que sa formule chimique est toxique" - Le président de l’association Combat Monsanto 

Benjamin Sourice, président de Combat Monsanto, juge que "cette condamnation reconnaît non seulement que le Roundup est cancérigène, mais surtout que Monsanto avait les informations sur la dangerosité du produit et qu'ils ont tout fait pour masquer cette dangerosité". "Elle montre que Monsanto savait depuis le début que sa formule chimique est toxique, et qu'ils ont trompé les autorités publiques", a-t-il affirmé à l'AFP.

"La victoire du pot de terre contre le pot de fer" pour la journaliste Marie-Monique Robin

"C'est la victoire du pot de terre contre le pot de fer !", a réagi la journaliste d'investigation Marie-Monique Robin, réalisatrice du film "Le monde selon Monsanto" sur Facebook.

Pour Bayer, le glyphosate est "sûr et non cancérigène" 

Le groupe pharmaceutique et chimique Bayer, nouveau propriétaire de Monsanto, a pour sa part affirmé ce samedi que le glyphosate était "sûr et non cancérogène". Bayer explique que "l'arrêt de la Cour contredit les conclusions scientifiques selon lesquelles il n'existe aucun lien entre l'utilisation du glyphosate" et la maladie du jardinier. Monsanto va faire appel de la décision du tribunal américain.