Climat – Environnement

Greenpeace affronte Leclerc sur le dossier des pesticides

Par Rebecca Gil, France Bleu Gironde samedi 17 octobre 2015 à 19:13

Les militants de Greenpeace à l'hypermarché Leclerc des Chartrons à Bordeaux
Les militants de Greenpeace à l'hypermarché Leclerc des Chartrons à Bordeaux © Radio France - Rebecca Gil

Les militants de Greenpeace se sont mobilisés ce samedi dans 16 villes de France pour sensibiliser la population sur l'utilisation de pesticides par le supermarché Leclerc. A Bordeaux, c'est devant le Leclerc des Chartrons qu'ils se sont postés, armés de pommes.

Greenpeace s’attaque à Leclerc: le supermarché aurait manqué de transparence face aux « guetteurs » de l'organisation mondiale indépendante de protection de l'environnement. L'hypermarché a donc été rebaptisé « Leclerc-Obscur ». Au mois de mai, une course zéro pesticide a été menée par Greenpeace pour faire face à la course aux prix bas des hypermarchés. Selon les militants, Leclerc est le seul qui n’aurait pas daigné répondre, et continuerait de proposer de beaux fruits et légumes, bien calibrés à prix réduits. Une pétition a donc été lancée à l’attention des consommateurs, pour inciter l’enseigne de grande distribution à abandonner ses mauvaises pratiques et soutenir les agriculteurs qui s’engagent à produire sans pesticides. Cette pétition est disponible sur www.leclerc-obscur.com

« Quand Leclerc négocie avec des fournisseurs agricoles, c’est pour acheter de très grandes quantités de fruits et légumes parfaits à des prix très bas. Mais ces exigences démesurées envers les agriculteurs les contraignent à utiliser beaucoup de pesticides, ce qui a des conséquences environnementales et sanitaires alarmantes », précise le tract distribué par les militants.

Les pesticides sont des poisons

Les études scientifiques le disent: les pesticides sont des poisons qui menacent la santé des personnes les plus fragiles et les plus exposées, en particulier les agriculteurs et leurs proches. Ils sont aussi dangereux pour les consommateurs, et pour les nappes phréatiques, dont notre survie dépend. Les militants de Greenpeace ont donc décidé d'en informer les consommateurs, ils sont venus armés de pommes pour les interpeller.

Sylvie, la pomme de reinette nationale - Radio France
Sylvie, la pomme de reinette nationale © Radio France - Rebecca Gil

Emmanuelle et Jackie sont deux amies, toutes deux célibataires, mères de deux enfants chacune, elles sont tombées nez à nez avec les militants de Greenpeace en venant faire leurs courses, de quoi ouvrir la discussion sur le bio, principal objet de mésentente entre elles.

« Je gagne 800 euros par mois, il faut de l’argent pour manger bio ! »
— Emmanuelle, 43 ans

Emmanuelle a deux enfants, elle a de faibles revenus et doit donc faire des choix. « J’achète bio pour mes enfants, avec mes revenus mensuels, je ne peux pas me permettre d’acheter tout bio, ce n’est pas possible. » Pour elle, _« c’est aux parents de faire en sorte que la nouvelle génération réagisse face à cela, et se fasse entendre. Même si l’on n’a pas beaucoup d’argent, on a le droit de bien manger. » Pour son amie Jackie, c’est la faute des consommateurs si les industriels vendent des produits pleins de pesticides. « Quel est l’imbécile qui veut manger de jolies pommes ? C’est le consommateur, c’est à nous de changer d’habitudes. C’est à la base que tout doit changer, si elle ne bouge pas, ils continueront à nous vendre des cochonneries »_

Reportage de Rebecca Gil à l'hypermarché Leclerc des Chartrons à Bordeaux

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En tout cas, moins de pesticides dans les fruits et légumes vendus dans les hypermarchés aussi peu chers, toutes deux n’y croient pas, en tout cas pas pour demain. Pour elles, le bio il n’y a que ça de vrai.