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Environnement

Ile d'Oléron : les campeurs sur parcelles privées prêts à des travaux pour sauver leur peau

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Par , France Bleu La Rochelle

Veut-on se débarrasser de nous ? C'est la crainte des campeurs sur parcelles privées, confrontés à une vague de contrôles de leurs systèmes d'assainissement. A la clé sans doute, de gros travaux que les propriétaires veulent bien réaliser, mais contre la garantie de pouvoir rester sur place.

Remettre aux normes notre assainissement, d'accord, promettent les propriétaires de parcelles privees. mais à condition qu'on les laisse camper sur leurs terrains.
Remettre aux normes notre assainissement, d'accord, promettent les propriétaires de parcelles privees. mais à condition qu'on les laisse camper sur leurs terrains. © Radio France - julien fleury

Saint-Georges-d'Oléron, France

On compte près de 4.500 terrains privés de camping sur l'île d'Oléron. Une pratique théoriquement interdite par la loi, au nom de la défense de l'environnement (loi littoral, classement de l'île). Sauf que les propriétaires ne veulent pas quitter les lieux, eux qui ont souvent acheté ces parcelles il y a plusieurs dizaines d'années, à une époque où cette pratique était légale, ou tout du moins tolérée. Et voilà qu'un nouveau défi les attend : une vague de contrôles de leurs installations d'assainissement a été lancée par les autorités.

Pour beaucoup de petits propriétaires, qui n'ont pas d'assainissement ou des installations qui ne sont pas aux normes, ces contrôles vont sans doute déboucher sur une obligation de mise en conformité dans les quatre ans. La facture s'annonce salée, entre 5.000 et 10.000 euros selon l'association des propriétaires de terrains de loisirs en Oléron (APTLO). L'association est pourtant favorable à ces travaux, qui permettront de mieux protéger les nappes phréatiques de l'île. Mais pas question d'investir sans la garantie de pouvoir continuer à utiliser ces parcelles.

"Qu'on me prouve le contraire, mais c'est aux normes"

Un petit salon-cuisine, deux chambres, des sanitaires : le cabanon d'Eugène Membrado, coprésident de l'APTLO, se visite rapidement. C'est là, près du village de Domino (Saint-Georges-d'Oléron), que ce Girondin passe ses étés depuis plus de trente ans: "Je n'ai pas honte de le dire, c'est prescrit : ça a été fait sans demande de travaux, on me l'aurait refusé. Alors il faut savoir que je paie des impôts, la taxe foncière et la taxe d'habitation."

Eugene Membrado a investi il y a 10 ans dans un assainissement digne d'une maison oleronnaise. "Qu'on me prouve le contraire, mais il est toujours aux normes !" - Radio France
Eugene Membrado a investi il y a 10 ans dans un assainissement digne d'une maison oleronnaise. "Qu'on me prouve le contraire, mais il est toujours aux normes !" © Radio France - julien fleury

Electricité, eau courante. Sur cette parcelle qui peut aussi accueillir camping-car et caravanes, il y a depuis dix ans un vrai système d'assainissement : "Je savais que ça pêchait par là alors j'ai anticipé. Sous la terrasse, j'ai une grande cuve toutes eaux. A la sortie il y a un filtre,  et ici vous avez un drainage." Une installation qui ressemble à celle qui existe dans de nombreuses maisons oléronnaises, parfaitement aux normes selon Eugène, qui s'apprête à recevoir la visite du service public de l'assainissement non-collectif (Spanc) : "L'expert sera obligé de dire que c'est ok ! Qu'on me prouve le contraire, mais c'est toujours aux normes !"

"Bonne idée, mais ça ne garantit pas qu'on pourra rester"

Une belle installation. Tous les campeurs sur parcelles privées ne peuvent pas en dire autant. "Le gars qui vient me vidanger la fosse m'a dit qu'il avait vu des choses incroyables, raconte Eugène Membrado. Il a vu des frigos mis à plat, et ça servait de filtre ! Je suis quand même loin de ce genre de truc." Michel Andrieu, originaire du Lot et propriétaire d'un terrain à Chaucre, un village limitrophe, est moins serein. Il craint de se voir imposer une mise en conformité, avec à la clé un gros chèque à sortir : "C'est une bonne idée mais le problème, c'est que ça ne garantit pas notre droit à rester, à occuper nos terrains. C'est vrai qu'on est hors-la-loi."

Même difficulté chez Michèle Chatel, propriétaire d'un terrain de camping privé sur la commune de La Brée. "Quand on parle d'écologie, il faut faire attention. On ne peut pas disperser nos effluents partout" concède cette retraitée de région parisienne qui pour tout assainissement rejette ses eaux noires et grises dans un ancien puits. Tout à fait d'accord pour se mettre en conformité, "mais encore faut-il que les maires nous laissent faire les travaux." Et qu'on ne l'expulse pas de sa parcelle où elle plante sa caravane chaque été. "Si on nous autorise à faire des donations pour que ça reste à long terme dans la famille, c'est enrichissant pour tout le monde."

"Je n'ai pas honte de le dire, c'est prescrit." Eugène Membrado a construit son cabanon sans demande de travaux. "Mais je paie des impôts" affirme le retraité, pas prêt à abandonner sa parcelle. - Radio France
"Je n'ai pas honte de le dire, c'est prescrit." Eugène Membrado a construit son cabanon sans demande de travaux. "Mais je paie des impôts" affirme le retraité, pas prêt à abandonner sa parcelle. © Radio France - julien fleury

"On n'a rien volé"

Des travaux contre l'autorisation de rester : l'APTLO compte bien mettre le sujet au menu des prochaines élections municipales. L'association invite d'ailleurs ses membres à s'inscrire sur les listes électorales de l'île, afin de peser sur le choix du maire de leur commune. "On n'a rien volé, assure Michèle Chatel. On n'est pas venu comme ça, à l'improviste. On nous a vendu ces terrains devant notaire, avec les agences immobilières. Tout ça pour s'entendre dire aujourd'hui qu'il faut partir. C'est scandaleux. C'est de la spoliation."

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