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Climat – Environnement

Indre : Des jardiniers invités à visiter un jardin naturel pour apprendre à se passer des pesticides

mardi 31 octobre 2017 à 4:31 Par Adèle Bossard, France Bleu Berry

Au 1er janvier 2019, les pesticides seront totalement interdits pour les particuliers, que ce soit pour un jardin d'ornement ou pour un jardin potager. Pour s'y préparer et pour échanger de bonnes astuces, des jardiniers castelroussins étaient invités à visiter un jardin naturel.

Le jardin sans pesticide de Dominique Viard, à Mers-sur-Indre.
Le jardin sans pesticide de Dominique Viard, à Mers-sur-Indre. © Radio France - Adèle Bossard

Mers-sur-Indre, France

L'objectif zéro pesticide s'applique déjà aux collectivités, depuis le 1er janvier 2017. Et bientôt, il s'adressera à vous ! Dès le 1er janvier 2019, les particuliers devront bannir les produits chimiques de leur jardin, qu'il soit potager ou d'ornement. Pour s'y préparer, le Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement (ou CPIE) Brenne-Berry a organisé la visite d'un jardin zéro pesticide, à Mers-sur-Indre dans le sud de l'Indre.

ECOUTEZ - Visite du jardin sans pesticide de Dominique Viard à Mers-sur-Indre

Une vingtaine de jardiniers des jardins familiaux castelroussins a ainsi passé la matinée dans le jardin naturel de Dominique Viard, au Jardin des pieds. Derrière les gîtes et chambres d'hôtes, près de la piscine, c'est un jardin de 30 petites parcelles dans lequel tout ce qu'il apporte aux plantes est recyclé, composté sur place : "le café, les œufs, les coquilles d’huîtres... j'ai un broyeur, tout est broyé et réutilisé. J'ai des toilettes sèches que je composte, car c'est l'urine qui contient le plus de matières fertilisantes. Je mets aussi les feuilles, herbes et branches dans le compost."

Le jardin est divisé en parcelles pour éviter de marcher sur la terre. - Radio France
Le jardin est divisé en parcelles pour éviter de marcher sur la terre. © Radio France - Adèle Bossard

Le compost recouvre la terre, et Dominique Viard ne retourne jamais le sol. "Le terrain est travaillé avec une griffe, un croc, explique-t-il. Le but est de travailler avec une terre qui soit quasiment toujours recouverte pour éviter le tassement. C'est pour ça que j'ai parcellisé mon jardin : pour éviter de marcher sur la terre".

"Le glyphosate, je suis contre. Mais je n'aime pas les herbes dans le jardin"

- Francine, une jardinière castelroussine

Dans son jardin, des betteraves rouges, des panais, des carottes qui font 5 à 6 centimètres de diamètre. Et elles poussent avec pour seul engrais ce que d'autres appellent des mauvaises herbes :souci, consoude, bourrache, quand d'autres vantent les qualités du purin d'ortie. Son problème du moment, ce sont les campagnols qui mangent la carotte et le céleri. Là, il utilise un piège en plastique et un prédateur naturel : son chat !

Conter les campagnols qui mangent carotte et céleri, un prédateur naturel : le chat ! - Radio France
Conter les campagnols qui mangent carotte et céleri, un prédateur naturel : le chat ! © Radio France - Adèle Bossard

Devant ce jardin où la terre n'est jamais laissée à nu, Francine est un peu dubitative. À Châteauroux, elle partage un jardin depuis un an avec son voisin et cultive haricots verts, carottes, salades, cornichons... "Les produits comme le glyphosate et tout ça, je suis contre. Mais c'est vrai que j'aime pas l'herbe dans les jardins, reconnaît-elle. Mes voisins m'appelle 'la petite poule' parce que je suis toujours en train d'arracher les mauvaises herbes ! Sinon, il m'arrive d'utiliser un herbicide que je fabrique avec du vinaigre et du gros sel".

Certains visiteurs sont dubitatifs devant un jardin enherbé.  - Radio France
Certains visiteurs sont dubitatifs devant un jardin enherbé. © Radio France - Adèle Bossard

À ses côtés, Gérald suit attentivement la visite, mais le broyage de branches et le recyclage de feuilles l'inspirent peu : "Je suis pas tellement convaincu par ça. Nous, en ville, on ne peut pas faire ça, on n'a pas d'arbres autour du jardin". Mais il assure qu'après 10 ans d'utilisation de Round Up, il a tout arrêté, et traite de temps en temps, lui aussi, au vinaigre et gros sel... Ce qui n'est pas le cas de tous les jardiniers des jardins familiaux castelroussins.

Les jardiniers qui traitent, ils devaient venir mais ils viendront pas et je sais pourquoi, regrette Daniel Bossoutrot, le président de l'association des jardins familiaux. Ils traitent, ils n'y croient pas. Et on peut leur dire, ils font ce qu'ils veulent. Il y en a encore dans les grandes surfaces, dans les coopératives, alors ils en achètent et ils font des réserves. Nous on voit bien, quand les côtés des parcelles sont tout jaunes, on sait ce que ça veut dire !"

Pour inciter au jardinage sans pesticide, la CPIE Brenne-Berry a lancé une charte "Objectif zéro pesticide dans mon jardin", avec une liste d'engagements à adopter dans son jardin pour réduire son impact sur la santé et l'environnement. Une charte qui compte à ce jour 700 Berrichons signataires.

La charte "Objectif zéro pesticide dans mon jardin" signée par 700 personnes en Berry. - Radio France
La charte "Objectif zéro pesticide dans mon jardin" signée par 700 personnes en Berry. © Radio France - Adèle Bossard