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Environnement

Indre-et-Loire : 3 000 km de ruisseaux rayés de la carte par la préfecture

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Par , France Bleu Touraine

Près de 43% des cours d'eau ont disparu des cartes dressées par la préfecture d'Indre-et-Loire. Leur absence a pour conséquence de jeter un flou sur le respect de la réglementation qui interdit l'utilisation des pesticides à proximité de ces ruisseaux.

Aujourd'hui la préfecture comptabilise 3 220 kilomètres de cours d'eau en Indre-et-Loire
Aujourd'hui la préfecture comptabilise 3 220 kilomètres de cours d'eau en Indre-et-Loire © Radio France - Julien Penot

Indre-et-Loire, France

Lorsqu'un cours d'eau traverse le champ d'un agriculteur, il a l'obligation de le protéger par une Zone non traitée (ZNT) de cinq mètres de large. Un tampon entre le ruisseau et les cultures qui permet de protéger l'eau des produits phytosanitaires. Problème : en Indre-et-Loire, ce sont 3 000 km de ruisseaux qui ont disparu de la carte selon un rapport remis aux ministères de l'environnement et de l'agriculture au début du mois de juillet dernier. Et s'ils n'existent plus officiellement, la question de leur protection ne se pose donc plus vraiment. 

Des ruisseaux fantômes exposés à un risque de pollution

La disparition de ces 3 000 kilomètres de cours d'eau s'explique par un changement de référence pour les répertorier. Depuis maintenant deux ans, ce ne sont plus seulement les cartes IGN, (Institut géographique national) qui font foi. Les préfets ont le choix de           " retenir ou retirer des points d'eau en s'appuyant sur les données pertinentes le justifiant ", précise un arrêté préfectoral du 21 juillet 2017

Mais pour Damien Avril, chargé de mission à la Sepant, une association environnementale, les éléments justifiant la suppression d'un cours sont trop faibles. Le jeune homme pointe du doigt un risque de pollution des eaux : " Les éléments supprimés sont essentiellement des fossés, qui ne sont pas alimentés en eau toute l'année, mais qui ont vocation à acheminer l'eau des plateaux vers le réseau hydrographique en aval et les éléments qu'elle transporte. En clair, ça concerne les pesticides ". L'association craint donc qu'en cas d'orage violent les fossés, devenus fantômes sur les cartes, contaminent les ruisseaux. 

Des expertises menées sur le terrain par la préfecture

De son côté, la préfecture insiste : des expertises ont été conduites en 2017 pour s'assurer que plusieurs fossés indiqués par l'IGN n'étaient plus d'actualité. " Il y a des endroits, où le tracé existe sur la carte, mais il n'y a pas de cours d'eau sur le terrain. Parce que depuis dix ou vingt ans, il y a eu des travaux agricoles ou routiers. Il y a un certain nombre de défauts sur la carte IGN ", décrit Dany Lecomte, chef du service des eaux.

Il y a un certain nombre de défauts sur la carte IGN" - Dany Lecomte, chef du service des eaux de la Direction départementale du territoire en Indre-et-Loire

Le point de tension entre agriculteurs et associations environnementales porte sur la définition exacte d'un ruisseau. La loi pour la reconquête de la biodiversité d'août 2016 retient trois critères. Une eau présente en majeur partie de l'année, une vie végétale et animale aquariophile et un cours d'eau créé de manière naturel. Pour Henri Frémont, président de la chambre d'agriculture d'Indre et Loire, si on suit ces critères beaucoup de ruisseaux n'existent plus. 

Respecter une Zone non traitée serait alors une perte d'argent inutile "Faut savoir que sur ces parcelles là, on paye toujours le fermage, les impôts fonciers, donc c'est de l'emploi derrière, c'est des achats qui se font pas et des ventes qui ne sont pas", ajoute Henri Frémont. 

La préfecture d'Indre-et-Loire a réaffirmé, via un communiqué de presse daté du mercredi 11 juillet, que sa cartographie des cours d'eau respecte bien la réalité du terrain. Pour prendre encore plus de précaution, une zone tampon sur les 350 premiers mètres des fossés est mise en place pour limiter les risques de pollution

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