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Climat – Environnement

Après les inondations, des expropriations à Villeneuve-Saint-Georges ?

mercredi 11 avril 2018 à 6:06 Par Valentin Dunate, France Bleu Paris

Deux mois après les inondations, quartier Belleplace-Blandin à Villeneuve Saint-Georges (Val-de-Marne), les habitants redoutent d'être expropriés. La mairie, désormais épaulée par l'Etat veut accélérer et élargir la renaturation des bords de l'Hyères. Un tiers du quartier pourrait être rasé.

Toujours 60% d'humidité chez José, chemin des pêcheurs à Villeneuve-Saint-Georges
Toujours 60% d'humidité chez José, chemin des pêcheurs à Villeneuve-Saint-Georges © Radio France - Valentin Dunate

Villeneuve-Saint-Georges, France

"Sincèrement, on est perdu, tous les jours j'y pense. Ma femme, mes enfants angoissent aussi". C'est ainsi que José résume sa situation deux mois après les inondations. Pendant six semaines, lui et sa famille ont dû dormir chez ses parents. Désormais, c'est la suite des événements qui l'inquiète. 

Accélération du projet depuis la visite d'Emmanuel Macron 

Depuis 2010, la ville a pour projet de renaturer les bords de l'Hyères pour créer une zone naturelle d'expansion des crues : 60% des parcelles ont été acquises le long des berges de l'Hyères mais depuis la visite d'Emmanuel Macron, le 14 février dernier, l'état a décidé d'accélérer et d'élargir le projet. Le Préfet du Val-de-Marne a réuni l'ensemble des organismes et collectivités concernées. L'EPA ORSA, établissement public d'aménagement Orly Rungis Seine Amont est désormais chargé du projet. Il a été demandé à cet aménageur de proposer d'ici la fin du mois de mai un schéma d'intervention, les modalités juridiques et un plan de financement. 

L'ensemble des partenaires considère qu'il faut accélérer le rythme" Préfet du Val-de-Marne

Comme le précise Laurent Prévost, Préfet du Val-de-Marne à France Bleu Paris : "La question qui a été posée au moment de la visite du chef de l'état et sur laquelle on a travaillé avec l'ensemble des parties prenantes, c'est : est-ce que l’on reste sur cette politique d'achat à l'amiable de parcelles (au rythme où les cessions de vente se font) ou est ce qu'on change de modèle ? L'ensemble des partenaires considère qu'il faut accélérer le rythme et qu'il ne faut pas s'interdire de passer à une procédure d'acquisition forcée au travers de la procédure d'enquête d'utilité publique, puis d'expropriation s'il y a besoin d'aller jusque-là." 

J'ai l'impression qu'on va nous reprendre notre bien et qu'on va rester sans rien du tout" José, sinistré 

José, qui habite dans la zone concernée n'était pas au courant de cette accélération. "Moi, on m'en a pas parlé. Personne n’est venu nous voir depuis les inondations. Le souci (pour le rachat de la maison), c'est à quel prix ? J'ai déjà eu une estimation et si je leur cède au prix qu'ils veulent, je pars avec un crédit de 30.000 € sur le dos, sans aucun logement. Moi j'ai l'impression qu'on va nous reprendre notre bien et qu'on va rester sans rien du tout". 

Un projet accéléré et élargi 

Outre l'accélération du projet, son élargissement est également à l'ordre du jour. Lionel Chabert, directeur de cabinet de la maire de Villeneuve-Saint-Georges précise que "le souhait de la maire, ça a été, dès 2016, d'élargir ce projet à l'ensemble de la zone rouge mais aussi d'élargir à des habitations qui ne sont pas dans la zone rouge mais qui ont subi autant les inondations que leur voisin. Il y a toute une partie de parcelles dans la zone orange qu'on souhaite intégrer dans ce projet". En d’autres termes, près d'un tiers du quartier pourrait être rasé. 

Le bilan des inondations 

Dans le Val-de-Marne : 650 personnes ont évacuées, 400 hébergés soit dans un gymnase soit à l'hôtel. Plusieurs milliers de logements ont en partie ou complètement été touché par les inondations. 20 communes reconnues en état de catastrophe naturelle. Un fond de secours d'urgence a également été débloqué pour les sinistrés les plus en difficulté. Une aide qui concerne 35 familles, 100 personnes. Une dizaine d'entreprise (concernant 50 salariés) ont également sollicité l'aide de l'Etat. 

Pour moi, les assureurs ne sont pas convenables" José, sinistré 

La plupart des sinistrés ont reçu des avances des assurances mais là aussi, l'inquiétude est grande. José a déjà été inondé en 2016 : "La dernière fois, on avait fait faire des devis à 53.000 €, on a été remboursé à hauteur de 26 000. Là, moi je pense qu'il y a en a pour 25.000 €, on m'a avancé 3000 € et je pense qu’il n’y a pas grand-chose qui va suivre. Pour moi, les assureurs ne sont pas convenables". 

" J'ai l'impression qu'on va nous reprendre notre bien et qu'on va rester sans rien du tout".