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Inquiétudes autour des rejets d'une future blanchisserie nucléaire dans la Marne

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne

C'est une usine qui sème la discorde, qui devait s'installer au premier trimestre 2021 en Haute-Marne. Elle sera principalement chargée de nettoyer les uniformes des employés de centrales nucléaires. Les opposants craignent des rejets dans la rivière Marne. Ils ont saisi le tribunal administratif.

Une image de synthèse du projet d'Unitech.
Une image de synthèse du projet d'Unitech. - Unitech

Ce sont trois bâtiments qui sèment la discorde. Un projet entamé en 2016, à l'initiative de l'entreprise Unitech, mais qui commence à faire parler de lui ces derniers mois. Sur le nom officiel du projet, elle s'appelle "blanchisserie industrielle". Mais c'est bien une blanchisserie nucléaire qui devrait voir le jour, au plut tôt au premier trimestre 2021, sur la Zone d'activité de la Joinchère, à Suzannecourt, près de Joinville, en Haute-Marne. 

Le projet va s'établir à Suzannecourt, en Haute-Marne.
Le projet va s'établir à Suzannecourt, en Haute-Marne. - Capture d'écran Google

Au total, c'est un complexe, avec un bâtiment principal, composé de trois laveries et locaux administratifs, un entrepôt de containers, et un hall dédié aux activité de propreté radiologique. L'activité principale restera donc la blanchisserie, qui lavera environ 1 000 tenues par an, comme par exemple des t-shirts ou des blouses de protection de la centrale nucléaire de La Hague, dans le Nord de la France. Une activité que les centrales sous-traitent. Les vêtements les plus contaminés seront traités comme des déchets nucléaires. Les autres seront décontaminés.C'est la première usine de ce type en France. Il en existe deux autres en Europe, au Pays de Galles et aux Pays-Bas. Une usine qui va coûter environ 20 millions d'euros.

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne devait commencer à trancher la question.
Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne devait commencer à trancher la question. © Radio France - Philippe Rey-Gorez

Et c'est bien cela qui ne plaît pas aux opposants : 101 habitants de Suzannecourt, Joinville, Poissons, Vecquville, Chatonrupt, Rupt, Curel et Thonnance-les-Joinville ont déposé un recours, qui devrait être examiné mi-juin par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Ils sont accompagnés par trois associations de protection de l'environnement, Nature Haute-Marne, le réseau Sortir du Nucléaire, et le Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs (Cedra 52). Ce recours vise la validité du permis de construire, mais ce sont bien les déchets qui sont craints. 

C'est sur ce site que les trois bâtiments devraient s'installer.
C'est sur ce site que les trois bâtiments devraient s'installer. - Capture d'écran Google

Et si les opposants au projets sont locaux, ils craignent que les conséquences de l'usine ne dépassent largement les environs de Joinville. Parce que, l'usine va rejeter des déchets dans la rivière Marne.

Cela pourrait remonter jusqu'au lac du Der, et là, ce sont les Parisiens qui en profitent

"Une convention a été signée, dans laquelle la communauté de communes autorise des rejets pollués dans la Marne", dit Jacques Leray, le porte-parole du Cedra 52. Cela pourrait remonter jusqu'au lac du Der, et là, ce sont les Parisiens qui en profitent." Le collectif affirme d'ailleurs, sans donner les noms, que 14 communes situées en aval de Suzannecourt ont délibéré contre ce projet en conseil municipal. Les opposants au projet citent d'ailleurs l'exemple de la commune de Vecqueville, qui pompe une partie de son eau potable dans la Marne. Sollicitée, l'Agence régionale de Santé a demandé la nomination d'un expert pour décider d'un éventuel suivi. 

Trois bâtiments devraient s’installer à Suzannecourt.
Trois bâtiments devraient s’installer à Suzannecourt. - Unitech

Des inquiétudes balayées par Jacques Grisot, le directeur général d'Unitech. "Nos rejets dans l'environnement ne représentent que 0.5% du taux maximal admis par la loi, ce qu'a noté l'autorité de sûreté dans son rapport." Ainsi, l'usine admet qu'elle rejettera, en petite quantité, du cobalt et du césium. Mais qui reconnaît quand même que son projet suscite des inquiétudes. Elle a d'ailleurs organisé une exposition en mairie de Suzannecourt, où le maire, Michel Boulée a signé le permis de construire. "Il y a peu d’inquiétude. Seules une dizaine de familles ont signé le recours, sur environ 130 qui vivent dans la commune". 

40 emplois promis

Le maire admet aussi avoir été intéressé par la question économique, puisqu'Unitech devrait employer 40 personnes à temps plein. "Le marché de l'emploi chez nous est sinistré. C'est une bouée de sauvetage. Mais il faut aussi tenir compte de la question environnementale. La-dessus, je laisse les autorités trancher". Le maire s'est tout de même rendu au Pays-Bas pour visiter une usine similaire et s'est dit rassuré par ce qu’il a vu. "La bas, les gens qui y travaillent en portent même pas de protection...." Une première partie est donc entre les mains de la justice. C'est ensuite la Préfecture qui devrait décider le lancement d'une enquête publique. Avant 18 mois de construction, et un début de fonctionnement, au plus tôt, début 2021. Mais les recours semblent donc possibles, et nombreux. 

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