Climat – Environnement

Irma : un caviste dijonnais inquiet pour ses salariés installés à Saint-Martin et Saint-Barthélémy

Par Stéphanie Perenon, France Bleu Bourgogne vendredi 8 septembre 2017 à 19:22

L'île de Saint-Martin dévastée après le passage de l'ouragan Irma
L'île de Saint-Martin dévastée après le passage de l'ouragan Irma © Maxppp - Gerben Van Es

Au moins neuf morts et sept disparus et des centaines de blessés, c'est le dernier bilan du gouvernement français après le passage de l'ouragan Irma sur les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Des îles où Daniel Passeri, un caviste dijonnais compte une vingtaine d'employés. Témoignage.

Saint-Martin, c'est l'île où Daniel Passeri a lancé son activité professionnelle en 1978. Des restaurants et aujourd'hui des magasins de vins, gérés par sa société Grands Vins de France. Il a passé vingt ans sur cette île, avant un retour à Dijon en 2000, mais garde sur place de nombreux employés. Vingt-deux au total entre Saint-Martin, Saint-Barthélémy et Anguilla.

Inquiétude pour ses salariés

Des employés dont il a peu de nouvelles depuis 48 heures, malgré de très nombreux appels. "Je n'ai pu avoir que trois personnes directement au téléphone, et indirectement je sais que six autres personnes vont bien mais pour tous les autres on n'a aucune nouvelle".

On se sent impuissant - Daniel Passeri, le gérant de Grands Vins de France

Une attente très difficile pour le dijonnais. "C'est très stressant d'autant que je ne peux pas m'y rendre, sans compter que le cyclone José est attendu sur l'île dans les prochaines 24 heures, c'est très angoissant."

Le dijonnais Daniel Passeri, a passé 20 ans de sa vie à Saint-Martin et s'inquiète aujourd'hui pour ses employés restés sur place - Radio France
Le dijonnais Daniel Passeri, a passé 20 ans de sa vie à Saint-Martin et s'inquiète aujourd'hui pour ses employés restés sur place © Radio France - Stéphanie Perenon

Le souvenir de l'ouragan Luis

Et s'il angoisse, c'est parce que Daniel Passeri a connu cette situation. C'était en 1995, du temps où il habitait à Saint-Martin, avec le passage de l'ouragan Luis. Les souvenirs sont intacts, "on a peur et ce qui est le plus incroyable c'est le bruit du vent et des chocs. Mes enfants qui étaient en bas âge sont restés traumatisés pendant longtemps, sur certains chocs qui rappelaient le cyclone mais là avec Irma c'est encore pire."

→ Lire : Ouragan Irma : comment faire un don aux victimes ?

L'arrivée imminente d'un second ouragan, l'ouragan José sur les îles l'inquiète bien sûr, d'autant qu'il a été rehaussé en catégorie 4 par Météo France

Il garde pourtant espoir et reste persuadé que "l'île surmontera Irma comme elle a réussi à surmonter Luis. En 1995 quand on s'est réveillé de ce cyclone,on a tous pensé que l'île ne s'en remettrait jamais et qu'on devrait peut-être partir. Pourtant quelques mois plus tard grâce aux forces vives sur l'île, c'est revenu".

Mais pour cela, l'État doit vraiment jouer son rôle. "Je ne suis pas de ceux qui demandent des aides car on a des assurances mais par contre pour les infrastructures comme les routes les écoles, l’hôpital, ça c'est le rôle de l'État de les remettre d’aplomb et très rapidement".

Reportage