Climat – Environnement

Isère : "Il y a des alpages qui à terme risquent d'être abandonnés" à cause du loup

Par Lionel Cariou, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu jeudi 20 avril 2017 à 8:54 Mis à jour le jeudi 20 avril 2017 à 12:44

Un alpage au-dessus d'Allevard
Un alpage au-dessus d'Allevard © Maxppp -

Dans quelques semaines, fin mai-début juin, les bergers et leurs troupeaux prendront le chemin des alpages. Les éleveurs s'inquiètent de la présence croissante du loup. Denis Rebreyend, président de la Fédération des alpages de l'Isère, était l'invité de France Bleu Isère ce jeudi matin à 7h45.

Les premières transhumances devraient commencer dans semaines. Pour l'instant, les éleveurs et les alpagistes, préparent le terrain : ils installent les clôtures autour des pâturages, montent le sel et la nourriture, parfois par hélicoptère. Il faut que tout soit prêt pour accueillir les bêtes. Pour l'instant, l'herbe n'a pas encore poussé en altitude. Les éleveurs s'inquiète du manque de neige et de précipitations alors que la Préfecture a placé le département de l'Isère en vigilance sécheresse.

Des bergers et des éleveurs "épuisés"

Mais ce qui inquiète surtout les professionnels, note Denis Rebreyend, président de la Fédération des alpages de l'Isère, c'est la présence du loup :

"L'année dernière, certains éleveurs et berger en fin de saison étaient épuisés et dégoûtés du fait des attaques répétées (...). Il y a des alpages qui sont un peu plus fragiles que d'autres, et ses alpages risquent à terme d'être abandonnés."

Le loup étend son territoire. Il y a quelques jours, une attaque a été recensé au-dessus de Vinay. Pas vraiment une zone de montagne... Denis Rebreyend constate que les mesures de protection ont atteint leurs limites, et il reconnaît que les chiens de protection "posent problème". L'été dernier, une randonneuse a été gravement blessée à Chichilianne (Isère). Le président de la Fédération des alpages de l'Isère en appelle aux élus pour que les tirs de prélèvement soient rendus "plus accessibles." Selon lui, la décision du gouvernement d'autoriser l'abattage de deux animaux supplémentaires (car le quota de 36 loups a déjà été atteint) "va dans le bons sens".

"On ne demande par l'éradication du loup, mais il faut que le loup craigne l'homme. Sur certains secteurs il n'est pas le bienvenu, et il faut pouvoir l'en éloigner... et l'abattre le cas échéant."

Denis Rebreyend, président de la Fédération des alpages de l'Isère, ce jeudi à 7h45 sur France Bleu Isère

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