Climat – Environnement

Journal d’un voyage dans la France des Terres australes : épisode 9, les coeurs volontaires de Kerguelen

Par Nathalie Grynszpan et Virginie Salanson, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu lundi 21 septembre 2015 à 18:35

Certains ont refusé de débarquer en découvrant la désolation de Kerguelen,
Certains ont refusé de débarquer en découvrant la désolation de Kerguelen, © Max PPP

À l’occasion des 60 ans des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), Nathalie Grynszpan, journaliste à France Bleu Pays de Savoie, a embarqué le 3 septembre pour un mois sur le Marion-Dufresne. Dans cet épisode, rencontre avec les habitants de Kerguelen, l'île de la désolation.

L'île de la désolation, c'est ainsi que le Capitaine Cook dénomma l'archipel de Kerguelen en 1776. 240 ans plus tard, dans cette lumière blanche des terres australes, sous un vent de 40 nœuds, je comprends pourquoi. Le sol est arasé, la végétation réduite à quelques graminées, de la mousse et des lichens. Rien ne tient sur la lande que les roches noires. Rien n'arrête le regard que ces monts enneigés dans une brume de nuages bien au-delà du golfe du Morbihan.

Ce matin, en me réveillant dans la chambre bien chauffée du bâtiment des Volontaires du service civique, j'ai soudain pensé à Raymond Rallier du Baty et ses compagnons qui sont venus sur l'île 150 ans après Cook. Avec Léon Agnés, Normand et Terre-Neuva de 22 ans, il explore l'île, dort sous des abris de fortune, se réveille trempé. Pendant deux ans, ce jeune homme de 25 ans, son frère, Henri, 27 ans et quatre hommes d'équipage dont le plus jeune, Louis Esnault, cuisinier normand est âgé de 16 ans, ont mené des excursions sur l'archipel et ont ainsi contribué à cartographier ces lieux.

Près de la base scientifique de Kerguelen - Aucun(e)
Près de la base scientifique de Kerguelen

Raymond Rallier du Baty a raconté quelques années plus tard cette expédition : "J'embrassai du regard le paysage alentour dans sa grandeur solitaire et désolée et une fois encore , je tombai sous son charme. La nature avait dû autrefois y connaître de profonds bouleversements et Kerguelen avait dû être un des chaudrons des premiers âges du monde, à l'époque où la terre s'était formée dans les entrailles du temps" ou encore : "la beauté particulière de Kerguelen s'insinue dans le cœurs et vous prend sous son charme, avant de hanter les mémoires des marins qui s'y sont aventurés".

Son livre s'intitule : "Aventures aux Kerguelen. On peut aller loin avec des cœurs volontaires".

Le port aux Français, à Kerguelen - Aucun(e)
Le port aux Français, à Kerguelen

Aujourd'hui encore Kerguelen a des parfums d'aventure. Il faut une dose de courage pour s'y installer plusieurs mois, même avec chambre chauffée, repas copieux et liaison internet. La mémoire collective raconte que certains, voyant l'île, ont refusé de débarquer.

Mais pour ceux qui ont surmonté leur appréhension, l'archipel leur ouvre alors la possibilité d'une expérience de vie inoubliable.

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