Climat – Environnement

Journal d’un voyage dans la France des Terres australes : épisode 2, bye bye La Réunion

Par Denis Souilla et Nathalie Grynszpan, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel et France Bleu Pays de Savoie vendredi 4 septembre 2015 à 18:28

Le Marion-Dufresne stationné à La Réunion.
Le Marion-Dufresne stationné à La Réunion. © Maxppp

À l’occasion des 60 ans des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), Nathalie Grynszpan, journaliste à France Bleu Pays de Savoie, a embarqué le 3 septembre pour un mois sur le Marion-Dufresne. Passage rapide à La Réunion et voilà déjà l'heure de prendre le large, direction Tromelin.

Le Marduf

Tout file déjà. Nous sommes en mer depuis bientôt 24 heures. Hier, face à un quai vide, car les familles devaient toutes avoir quitté le port quelques heures auparavant, le Marion-Dufresne -le Marduf en langage "TAAFien"- quitte le port sous un beau soleil tropical à coups de corne de brume. À peine le temps d'observer la manœuvre depuis la passerelle (le poste de commandement), de sentir la houle légère au sortir du port et le vent qui rafraîchit agréablement, nous voilà mettant cap au Sud car le commandant nous l'a promis : avant de filer au nord vers l'île de Tromelin, il nous offre le Piton de la Fournaise, en éruption depuis plus d'une semaine. Ce sera à 21h30.

Le Piton de la Fournaise, en éruption, sur l'île de La Réunion. - Maxppp
Le Piton de la Fournaise, en éruption, sur l'île de La Réunion. © Maxppp

 

Au loin le Piton

D'ici là, on dîne. Pour moi, ce sera vite expédié. La tête bourdonne, je n'ai pas vraiment récupéré la nuit sans sommeil du vol Paris-La Réunion. Après les crudités, le poulpe dans une sauce fort odorante me précipite illico dans ma cabine. Etienne, le médecin du bord qui était à ma table, n'a pas eu le temps de me faire choisir entre les patchs et autres pilules qu'il tient à disposition des passagers nauséeux. Mais quand même le Piton ! Depuis le sabord (la fenêtre de la cabine), j'aperçois un couvert d'étoiles et les sommets de l'île avec juste une lueur rouge, comme un feu. Je file sur le pont. Encore quelques minutes de navigation et la lueur se précise. Ce sont des langues de feu qui dansent dans le noir. Joli cadeau pour notre départ que ce feu de joie.

Le navire opère alors un demi-tour plein nord. Le bercement des vagues, la musique de la coque qui rythme l'avancée du Marduf me plongent dans un sommeil réparateur. Demain est un autre jour.