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Climat – Environnement

Journée mondiale des abeilles : "Il n'y a pas de prise de conscience des politiques et des agriculteurs"

dimanche 20 mai 2018 à 10:26 Par François Guéroult, France Bleu Orléans et France Bleu

C'est aujourd'hui la 1ère journée mondiale des abeilles. Mais sur le terrain, la prise de conscience pour œuvrer à la survie des abeilles est encore bien lente, déplore Jean-Pierre Brûlant, apiculteur à Cravant, dans le Loiret, qui constate 30% de mortalité dans ses ruches chaque hiver.

Jean-Pierre Brûlant est à la tête du rucher de Villechaumont à Cravant, près de Beaugency
Jean-Pierre Brûlant est à la tête du rucher de Villechaumont à Cravant, près de Beaugency © Radio France - François Guéroult

Loiret, France

C'est aujourd'hui la journée mondiale des abeilles. Et c'est une première, la date fait référence à l'anniversaire du pionnier de l'apiculture moderne, un certain Anton Janša, un Autrichien qui vivait au XVIIIème siècle, né un 20 mai. C'est en fait une initiative des Nations Unies pour faire prendre conscience du rôle crucial des abeilles dans la préservation de notre planète. Sauf que sur le terrain, il reste encore beaucoup à faire...

30% : le taux de mortalité des abeilles en France

On a en effet besoin des insectes pollinisateurs pour la qualité de notre alimentation, et pour le maintien de la biodiversité. Mais depuis 20 ans, les abeilles disparaissent, et ça s'accélère. Leur taux de mortalité en France était de 5% en moyenne en 1990, il s'élève aujourd'hui à 30%. Un chiffre que confirme Jean-Pierre Brûlant, apiculteur à Cravant, près de Beaugency, et trésorier de l'association pour la sauvegarde de l'abeille noire en région Centre Val-de-Loire : "D'année en année, je constate que les sorties d'hiver sont difficiles, cela dépend des emplacements des ruchers, mais en moyenne la mortalité sur mes ruchers est de l'ordre de 25 à 30%." 

Principaux accusés, les insecticides utilisés par l'agriculture intensive : "Par exemple, sur le colza cette année, je me suis aperçu que les pollens sont perturbés par certaines molécules, ces molécules sont ramenés à l'intérieur de la ruche, et j'observe ensuite des mortalités de reines." Mais les pesticides ne sont pas les seuls responsables, reconnaît-il ; les phénomènes climatiques ont un impact important, de même que la baisse de la biodiversité, qui signifie moins de nourriture pour les abeilles : "Dans les grandes plaines de la Beauce, où on est sur de la monoculture, l'été on est en fait sur un désert au niveau apport nutriments pour les abeilles."

Une production de miel divisée par 2 en 20 ans

Conclusion pour Jean-Pierre Brûlant : "Oui, il y a une prise de conscience du problème des abeilles, mais sur le terrain, par quoi cela se traduit-il ? Quelles sont les politiques réellement mises en place pour la survie des abeilles ? moi, je ne trouve pas qu'il y ait forcément une prise de conscience terrain de la part des élus et des agriculteurs. Je leur pose souvent la question : a-t-on besoin d'autant de traitements phytosanitaires, en aussi grande quantité ? L'insecticide, je comprends qu'on puisse en mettre pour sauver les récoltes, mais on ne peut pas mettre de la mort dans la nature en disant que c'est pour de la vie.

Interview en longueur à écouter ici :

"J'ai déjà été victime de traitements phytosanitaires inadaptés : dès le lendemain, mes ruches étaient vides d'abeilles" - Jean-Pierre Brûlant

Le 1er septembre prochain doit entrer en vigueur en France l'interdiction des néonicotinoïdes - ce sont justement des insecticides considérés comme nocifs pour les abeilles, mais il y aura des dérogations... En 20 ans, la production nationale de miel a été divisée par deux. En région Centre Val-de-Loire, on compte 3 200 apiculteurs, dont seulement 20% de professionnels, pour une production d'environ 1 400 tonnes de miel par an. Plus de la moitié des apiculteurs sont âgés de plus de 46 ans, ce qui pose aussi la question de la relève dans cette profession "dure et chronophage", selon Jean-Pierre Brûlant.