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Climat – Environnement

"Jusqu'en 2050, les jeux sont faits" s'inquiète un spécialiste du climat dans les Pyrénées

mardi 25 septembre 2018 à 9:07 Par Mathieu Ferri, France Bleu Occitanie

Il n'a pas gelé depuis plus de cent jours sur le Pic du Midi, et les climatologues du Climpy (des scientifiques français, andorrans et espagnols) prévoient une hausse des températures de 2 à 7 degrés d'ici la fin du siècle : dans les Pyrénées, le scénario climatique est inquiétant. Interview.

Le cirque de Gavarnie, dans les Hautes-Pyrénées
Le cirque de Gavarnie, dans les Hautes-Pyrénées © Radio France - Mathieu Ferri

Saint-Girons, France

Samuel Morin de Météo-France est le responsable du centre d'étude de la neige. Après les conclusions du Climpy, il était l'invité de France Bleu Occitanie ce mardi matin.

Samuel Morin, responsable du centre d'étude de la neige à Météo-France

- Plus 2 à 7 degrés dans les Pyrénées d'ici la fin du siècle... c'est grave ?

Ce qui est sûr, c'est que c'est un changement majeur par rapport à ce qu'on a déjà connu dans le passé. On considère que sur la base des données dont on dispose, les températures dans les Pyrénées ont déjà augmenté d'1,2 degré depuis les années 1960. Et là, d'ici la fin du siècle, on projette des tendances de 2 à 7 degrés qui sont surtout dû à l'accroissement des concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère sous l'effet de l'action humaine. Tout dépend de la quantité de gaz émise ou pas par l'humanité au XXIe siècle.

- Cette hausse de températures, ça veut dire quoi concrètement ? quel impact sur le terrain ?

Les impacts les plus remarquables, ça sera d'abord l'évolution du manteau neigeux. A moyenne altitude, entre 1.500 et 2.500, on s'attend à une diminution drastique de l'enneigement au cours du XXIe siècle. L'enneigement va rester très variable d'une année à l'autre. Les hivers vont continuer à se suivre et à ne pas se ressembler, mais on aura de plus en plus d'hiver peu enneigés., et de moins en moins d'hiver peu enneigés.

- Impact aussi sur la végétation ?

Oui, car c'est tout le cycle de l'eau qui est perturbé, avec des conditions d'évaporation, et donc une végétation qui va varier. Si l'enneigement se réduit, la date à laquelle la végétation va commencer à pousser sera perturbée. L'eau disponible pour la croissance ne le sera pas au même moment. Même s'il y en aura pas forcément beaucoup moins, elle ne sera pas distribuée de la même façon au cours de l'année. On s'attend à avoir une fonte des neiges précoce par rapport à ce qu'on vit aujourd'hui. Donc on risque d'avoir des périodes où la végétation n'est pas prête à l'exploiter, et en revanche dans les moments où la végétation a besoin d'eau, peut-être que cette eau aura déjà coulé dans les vallées et ne sera plus disponible. Donc il y a des bouleversements assez subtils, assez complexes.

- Est-ce qu'on peut limiter les dégâts ? Est-ce que l'homme peut faire quelque chose ?

L'homme est responsable d'une bonne partie de ce réchauffement, donc il est capable de l'enrayer dans une certaine mesure. Mais sous l'effet des émissions déjà produites par l'humanité, jusqu'à 2050 les jeux sont faits. C'est-à-dire que quelles que soient les décisions qu'on prend aujourd'hui, le réchauffement va poursuivre à peu près sur la même voie jusqu'à la moitié du siècle. En revanche, pour la fin du siècle, les décisions prises et les actions menées aujourd'hui sur la réduction des gaz à effet de serre vont avoir un impact. Et c'est ça qui est compliqué dans cette affaire : il faut arriver à se convaincre, collectivement, que si on a envie d'infléchir cette tendance, il faut agir tout de suite. En payer le prix aujourd'hui mais en mesurer les bénéfices plus tard, par rapport à ce qu'on aurait pu attendre. Il faut s'inscrire dans le temps long : les décisions d'aujourd'hui n'auront un impact que dans trois à quatre décennies.