Climat – Environnement

L'association Agrométéo de l'Indre est en danger

Par Gaëlle Fontenit, France Bleu Berry mercredi 28 octobre 2015 à 17:55

Agrométéo 36 existe depuis 23 ans.
Agrométéo 36 existe depuis 23 ans. - Agrométéo36

C'est peut être la fin de l'association Agrométéo de l'Indre. Depuis 23 ans, elle relève les températures et les précipitations dans le département. Mais le Conseil départemental de l'Indre va lui supprimer une subvention, et cela met en péril l'avenir de l'association.

Les douze bornes de l'association Agrométéo 36 n'ont peut être plus que quelques semaines à émettre. Dispersées dans tout le département, elles ont pour mission de relever les températures et le niveaux de précipitation. Elles fonctionnent depuis 23 ans. "Ces bornes relaient les bénévoles, de moins en moins nombreux. On a dû mal à trouver des gens qui acceptent de se lever tous les jours à sept heures pour relever la météo" explique Michel Delanoue, secrétaire de l'association. 

Ces bornes sont une véritable mine d'information : elles permettent d'étudier avec un recul de plusieurs années le climat dans des zones très précises. Elles sont en plus connectés à des lignes téléphoniques et fournissent en direct les informations

"Nous traitons ces données qui sont utilisées par les Chambres d'Agriculture par exemple, des Syndicats viticoles ou encore les services du Conseil Départemental de l'Indre, notamment pour la voirie" liste Michel Delanoue. 

"L'association est en déficit à partir du premier janvier 2016 - Michel Delanoue

L'Association fonctionne grâce aux subventions que lui versent différents organismes publics ou privés : la DDT -Direction des territoires, la Chambre d'agriculture ou encore les Syndicats des vins de Reuilly ou de Valençay, mais aussi le Conseil départemental de l'Indre. 

Quand, comme chaque année, l'association a voulu faire le tour d'horizon prévisionnel des subventions sur lesquelles elle pourrait compter, elle a appris que le conseil départemental n'attribuerait pas les 1920 euros qu'il avait l'habitude de verser à l'association. Or, dans le même temps, Météo France, qui assurait jusqu'à présent l'entretien des stations météo, annonce à l'association qu'elle lui facturera le coût réel de cette intervention, soit près de 4.000 euros par an. 

Pour Michel Delanoue, c'est la douche froide : "Ca remet en question l'existence même de l'association dont les stations sont pourtant très utiles. Je peux pas me résigner. Le conseil départemental ne peut sans doute pas faire autrement, mais c'est tellement dommage! Si rien ne change, l'association est déficitaire à partir du premier janvier 2016."

Michel Delanoue, secrétaire de l'association

De son côté, le conseil départemental explique, pour justifier l'arrêt de cette subvention, la ratification de la loi Notre. "Ca n'est pas une question de quantité d'argent. La loi Notre ne nous le permet pas. Elle fixe les compétences des départements. Quand ce n'est pas écrit dans la loi, on a pas le droit de le faire. L'année prochaine, il va y avoir des drames" prédit Louis Pinton, le président de l'institution.

Louis Pinton, président du Conseil Départemental de l'Indre

Reste tout de même un maigre espoir : Météo France voudrait garder ces stations qui apportent des informations précieuses sur la météo hyper locale et sont de bons compléments au travail de bénévoles qui relèvent chaque jour les températures et le niveaux de précipitations. Pour l'instant, c'est une pure hypothèse, il n'y a absolument rien de signé. Mais si cela se faisait, cela permettrait de sauver au moins les  deux tiers des stations indriennes

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