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Climat – Environnement

L'eau du robinet régulièrement polluée dans les petites communes de Côte-d'Or

dimanche 2 décembre 2018 à 18:33 Par Adrien Serrière, France Bleu Bourgogne

Un quart des analyses effectuées par l'ARS dans les petites communes de Côte-d'Or de moins de 500 habitants révèlent des pics de pollution. Les seuils sont ponctuellement dépassés, les agriculteurs pointés du doigt.

Un tracteur pulvérisant des pesticides au bord d'un cours d'eau (image d'illustration).
Un tracteur pulvérisant des pesticides au bord d'un cours d'eau (image d'illustration). © Maxppp -

Côte-d'Or, France

En Côte-d'Or, il y a des communes dans lesquelles mieux vaut ne pas boire l'eau du robinet. A Martrois, on ne s'y risque plus depuis plus d'un an tant l'eau est polluée. Ce n'est pas un cas isolé : l'Agence de l'eau a identifié 22 «captages prioritaires» dans le département, c'est à dire des zones à surveiller. L'Agence régionale de santé réalise, elle, des analyses dans les communes de moins de 500 habitants. Un quart présentent un dépassement du seuil de pollution. 

Des mauvais élèves

Pire, la situation ne semble pas s'améliorer. «Quatre captages ont connu une amélioration significative dans une période récente, il y en a sept dont la qualité n'a pas bougé malgré les plans d'actions mis en place et trois qui ont vu leur qualité continuer à se dégrader. Certains captages ne mettent pas en oeuvre des plans d'action suffisamment ambitieux pour inverser la tendance», détaille Gérard Clémencin, spécialiste environnement de l'UFC-Que choisir en Côte-d'Or. Il affirme ainsi avoir relevé l'an dernier à Bussières un niveau de Bentazone (un produit phytosanitaire) 58 fois supérieur à la limite. 

Ça s'améliore grâce au Bio 

Une des manières de protéger un captage, «c'est de faire une zone sans culture, ou en agriculture bio autour de ce captage», explique Gérard Clémencin. C'est ce que Laurent Mouillon a fait à Civry-en-Montagne. L'agriculteur et son frère disposent de la seule exploitation de la commune, 450 hectares de céréales. En 2008 et en 2012 des pics de pollution aux pesticides ont été relevés d'où cette décision radicale : «Pour protéger la source, on est passé en bio. Le taux est revenu à la normale et ça va faire deux ou trois ans qu'il n'y a plus de pollution», relate Laurent Mouillon. Le taux de nitrate est aujourd'hui en dessous de 25 mg/L selon l'agriculteur. La norme est de 50.