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Climat – Environnement

L'état alarmant des cours d'eau en région Centre Val de Loire

lundi 21 janvier 2019 à 6:26 Par Anne Oger, France Bleu Orléans

En région Centre Val de Loire, seuls 21% des cours d'eau sont "en bon état" au sens fixé par l'Union Européenne. L'Agence de l'Eau Loire Bretagne lance un nouveau programme de près de 2,3 milliards d'euros pour financer les initiatives visant à améliorer la situation.

La Bionne à Saint Jean de Braye, en cours de réaménagement
La Bionne à Saint Jean de Braye, en cours de réaménagement © Radio France - Anne Oger

Orléans, France

L'état des eaux c'est un indicateur de la santé de notre environnement, parce que beaucoup de polluants se retrouvent dans nos cours d'eau, en fin de parcours. Ou sur les plages, quand on habite le littoral. Et surtout dans l'eau que nous buvons. Nos rivières doivent donc être en bon état, avec suffisamment d'eau et suffisamment peu de polluants pour que la biodiversité y soit préservée. L'Europe a même fixé un objectif à la France : 61% de ses cours d'eau doivent être en bon état d'ici 2021. Et la région Centre Val de Loire n'est pas un bon élève sur ce point. 21% de ses cours d'eau seulement ont une eau de bonne qualité.

En Vendée c'est seulement 1% des cours d'eau qui sont en bon état

Nicolas-Gérard Camphuis, le directeur de la délégation Centre Loire de l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne se veut réaliste : "nous ne sommes pas de bons élèves, même s'il y a pire. Un département comme la Vendée, par exemple, ne compte que 1% de ses cours d'eau en bon état. Mais c'est vrai qu'ici il reste du travail". Le dernier état des lieux, il faut le dire, remonte à 2013, on aura de nouveaux chiffres en 2019, mais ils ne seront pas bons, c'est sûr. 

Ici il y a un grand fleuve et des nappes souterraines, c'est peut-être pour cela qu'on n'a pas vu le problème

Thierry Burlot, le président de l'Agence Loire-Bretagne, vice-président du Conseil régional de Bretagne, espère une prise de conscience. "Nous en Bretagne nous avons pris à bras le corps la question de l'eau parce qu'on n'avait pas le choix, il y a 30 ans. Aujourd'hui, 45% de nos rivières sont en bon état, c'est même 85% dans le Finistère. Alors quand on veut on peut, mais ici il y a un fleuve puissant, la Loire, et des nappes phréatiques qui ne se voient pas, alors on met plus de temps à se rendre compte des dégâts"

Qui sont les responsables de cette situation ? 

Il y a beaucoup de facteurs. On a longtemps considéré qu'un bon cours d'eau devait être tout droit, régulé par des barrages ou des moulins, souvent dans le but de favoriser le développement de l'agriculture. Sauf que c'est faux, les poissons disparaissent, la flore avec, petit à petit, et il ne respire plus. En Sologne par exemple, la multiplication des étangs avec de l'eau stagnante, est un vrai problème. Il y a aussi les rejets industriels, les artisans par exemple, qui lavent leurs pinceaux à l'eau courante, ça se retrouve dans les rivières. 

En Eure-et-Loir l'eau souvent impropre à la consommation

Et puis il y a les pollutions agricoles, les nitrates et les produits phytosanitaires, et très clairement c'est une donnée importante du problème. Parce que le tracé des cours d'eau, les rejets de l'industrie, font l'objet de travaux financés par l'Agence de l'Eau Loire Bretagne. Mais sur l'agriculture on est très en retard. Au point que, par exemple en Eure-et-Loir, plus de la moitié du département est touché par un problème majeur d'accès à l'eau potable : trop chargée en nitrate elle est impropre à la consommation.

La carte des nappes polluées par les nitrates en Eure-et-Loir - Aucun(e)
La carte des nappes polluées par les nitrates en Eure-et-Loir - Photo ARS Centre Val de Loire

Y a-t-il une prise de conscience du problème ? 

Disons qu'on avance, et en tout cas c'est l'une des priorité de l'Agence de l'Eau Loire Bretagne, qui va consacrer près de 300 millions d'euros dans son 11ème programme, pour les 6 prochaines années, à la lutte contre les pollutions agricoles. Elle aura plus d'argent pour cela, puisqu'elle est financée en partie grâce à la redevance sur les pollutions diffuses, payée par les agriculteurs, qui augmente en 2019, et sérieusement, même, pour certains : on dépasse les 30% d'augmentation. 

Des agriculteurs se regroupent pour réfléchir et nous pouvons les aider à trouver des solutions

Des revenus supplémentaires, 50 millions d'euros au total, qui permettront d'encourager ceux qui commencent à changer leurs pratiques. "On peut aider par exemple les groupements d'agriculteurs qui décident de réfléchir à utiliser moins de produits, tout en conservant leur revenu et leur niveau de production" explique Nicolas-Gérard Camphuis. "Nous pouvons financer pendant quatre ans des conseils et un accompagnement. Environ 40 groupes existent déjà en région Centre Val de Loire". L'Agence aide aussi à acheter du matériel agricole, qui permet de réduire le recours aux produits phytosanitaires. Il y aura en 2019 trois appels à projets pour les agriculteurs qui voudront se lancer.