Climat – Environnement

La chasse au grand tétras suscite la polémique dans les Pyrénées-Orientales

Par François David, France Bleu Roussillon et France Bleu dimanche 6 novembre 2016 à 17:00

© Maxppp - Philippe Clément

Cet automne, la préfecture autorise les chasseurs catalans à tuer un Grand coq de bruyère. Les écologistes contre-attaquent devant la justice.

Pour la première fois depuis trois ans, les chasseurs des Pyrénées-Orientales ont reçu l’autorisation de tirer sur le grand tétras. Dans un arrêté publié en octobre, La préfecture autorise le prélèvement d’un individu mâle dans le secteur de Porte-Puymorens.

Un animal symbole, au même titre que l’ours

"Cette décision est inacceptable", s’insurgent les écologistes du Groupe ornithologique du Roussillon, qui ont saisi la justice.

"Les effectifs de grand tétras sont en baisse constante dans les Pyrénées-Orientales. Il faudrait un moratoire de la chasse pendant plusieurs années."

Fin octobre, le tribunal administratif de Montpellier a suspendu l’arrêté préfectoral.

Joseph Hiard, président du groupe ornithologique du Roussillon

Pour Joseph Hiard, président du groupe ornithologique du Roussillon, le grand tétras est "un animal-symbole, un animal emblématique de la protection de la nature dans les Pyrénées, au même titre que l’ours."

Bataille de chiffres

Les comptages officiels de grand tétras réalisés cette année dans les Pyrénées-Orientales ont permis de recenser 339 mâles. Ce qui fait dire aux chasseurs que "le grand tétras n’est pas une espèce en voie de disparition dans le département. Au contraire, les effectifs sont stables, voire en légère progression."

Jean-Pierre Sanson, président de la fédération départementale des chasseurs

Depuis plus de 10 ans, les chasseurs des Pyrénées-Orientales investissent massivement pour la préservation du grand tétras. Des dizaines de milliers d’euros ont notamment été dépensés pour recréer des écosystèmes favorables à l’espèce, sur une centaine d’hectares répartis sur 14 sites.

Pouvoir chasser te temps en temps un grand tétras est donc considéré par les chasseurs comme une "récompense pour le travail réalisé".

Bataille judiciaire

Déjà en 2013, la préfecture des Pyrénées-Orientales avait autorisé à chasser un grand tétras. Là encore, les écologistes avait attaqué en justice et obtenu gain de cause : le tribunal administratif de Montpellier avait annulé l’arrêté préfectoral, "une première en France" selon le GOR.

Mais à l’époque le ministère de l’Écologie avait fait appel. L’affaire sera rejugée devant la cour d’appel de Marseille en début d’année prochaine.