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Climat – Environnement

Pourtant interdite, la chasse continue dans la réserve naturelle de la baie de Canche

mercredi 5 septembre 2018 à 10:50 Par Matthieu Darriet, France Bleu Nord et France Bleu

La chasse au gibier d’eau est ouverte. Depuis un mois, les tirs ont repris dans la réserve de la baie de Canche, près du Touquet. Cette zone est pourtant interdite à la chasse, comme la justice l’a rappelé récemment. L’Etat avait promis de trouver une solution, avant l’ouverture, mais toujours rien.

Les chasseurs veulent continuer de chasser le gibier d'eau, sur la plage des pauvres, comme depuis trente ans.
Les chasseurs veulent continuer de chasser le gibier d'eau, sur la plage des pauvres, comme depuis trente ans. © Radio France - Matthieu Darriet

Étaples, France

"C’est du braconnage !" Les associations de protection de l’environnement sont très remontées. Elles dénoncent l’attitude des chasseurs qui ont ressorti les fusils, il y a un mois. Marc Evrard est le directeur du Gdeam, l’une de ces associations : "dès le jour de l'ouverture, le 4 août, nous avons observé la présence d'un certain nombre de chasseurs, dans la réserve naturelle, mais aussi en lisière avec des tirs dirigés vers la réserve."

Dès lors que le président des chasseurs de la baie les appelle à bafouer la loi, on ne s'étonne pas de les voir là.

Et quelques jours plus tard, c’est sous le nez des gendarmes, appelés pour constater des infractions, que des chasseurs ont tiré sur des oiseaux. Mais ils n’ont pas été verbalisés, confirme Willy Schraen, le président régional et national des chasseurs : "il n'y a pas eu de PV. Ils ont demandé aux chasseurs de quitter la plage des Pauvres, ce qu'ils ont fait. Les choses se sont passées très calmement. Les identités ont été relevées, mais c'est tout."

Pour l'instant, la volonté de l'Etat est de ne pas intervenir directement, mais on sait qu'il faut trouver une solution. 

Même s’ils organisent 4 à 6 contrôles par semaine, les agents de l’office national de la chasse croisent finalement assez peu de chasseurs sur la plage des Pauvres. Ce qui permet à l’Etat tente de calmer le jeu, en attendant de trouver un accord. 

Un échange de terrain ?

La solution pourrait venir d’un partage des huttes de chasse entre les chasseurs, mais plus certainement d’un échange de terrain : abandonner la plage des Pauvres, si emblématique, pour obtenir un bail sur un autre secteur, chassable, hors réserve. Willy Schraen en a parlé à Emmanuel Macron : "Il faut qu'on trouve un espace pour les chasseurs locaux. C'est ce sur quoi nous discutons en ce moment. Je parle au Préfet, le parle aux ministres concernés."

Bien sûr, je parle aussi au chef de l'Etat, car c'est un sujet qui concerne l'ensemble de l'exécutif.  

Les négociations vont donc se poursuivent, avec des nouveaux rendez vous programmés en ce mois de septembre. Des négociations qui déplaisent fortement aux associations, déjà prêtes à ressaisir la justice, pour faire appliquer la loi, rien que la loi : "on demande simplement l'application du règlement de la réserve. Cela fait plus de trente ans que la chasse est interdite dans ce périmètre. L'Etat a laissé faire. Nulle part ailleurs, on voit des contrevenants à la loi s'installer comme ça dans la durée, en toute impunité. Il n'y a pas d'autres réserves naturelles en France où on voit des choses comme ça !"

On a assez joué au chat et à la souris, ça suffit ! 

Sur les cinq dernières années, le jour de l’ouverture, traditionnellement journée la plus fréquentée, il n’y avait qu’entre dix et vingt chasseurs sur la plage des Pauvres. Même s’ils se revendiquent beaucoup plus nombreux.