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Climat – Environnement

Un demi-siècle de décharge illégale : la commune de Cazères condamnée

jeudi 26 octobre 2017 à 6:01 Par Jeanne-Marie Marco, France Bleu Occitanie et France Bleu

Pendant plus de cinquante ans la commune de Cazères (Haute-Garonne) a exploité illégalement la décharge dite du Malaret et ce malgré une mise en demeure du préfet. Elle vient d'être condamnée suite à une assignation déposée par l'association France Nature-Environnement.

Une décharge sauvage (illustration)
Une décharge sauvage (illustration) © Maxppp - Pierre HECKLER

Cazères, France

"Ce dossier était une verrue, quelque chose de lourd pour Cazères" explique le maire élu en 2008. Michel Oliva avoue avoir volontairement attendu une solution miracle avant de réagir à la mise en demeure du préfet. Cette solution est arrivée puisque une entreprise de travaux publics a récupéré le terrain et a donc réhabilité, à ses frais, la décharge sauvage.

Un demi-siècle de décharge illégale

La décharge du Malaret a été exploitée illégalement de 1960 à 2011 par la commune de Cazères. Pendant plus de 50 ans donc les habitants ont sauvagement jeté leurs déchets ménagers sur ce terrain d'1.5 hectares et ce malgré un arrêté municipal de 2005. Le 2 mai 2011 le préfet a mis en demeure la commune , Cazères devait immédiatement arrêter ce stockage et réaliser des travaux avant la fin de l'année 2012.

La commune n'a d'abord pas réagi. Le maire Michel Oliva explique que le coût des travaux était colossal : "Les premiers devis pour la réhabilitation s'élevaient en 2008 à 1,3 million d'euros, c'était énorme donc on a attendu". L'entreprise de travaux publics Malet s'est alors manifestée pour agrandir sa gravière située juste à côté de la décharge. L'entreprise Malet a alors réhabilité à ses frais la décharge sauvage, une aubaine pour la commune "nous avons donc économisé 1.3 million d'euros" dit satisfait le maire de Cazères.

FNE est une association de protection de l'environnement et moi je suis un gestionnaire" — Michel Oliva, le maire

La fin des travaux consistera à construire deux tranchées le long de l'ancienne décharge pour éviter le prolifération des déchets enfouis.

RÉACTION I Le maire de Cazères Michel Oliva

Un risque pour l'environnement

Selon France Nature-Environnement Midi-Pyrénées le risque environnemental était avéré "le bureau d'étude mandaté par la commune (Antea Group) a mis en avant les risques", précise le juriste de l'association Hervé Hourcade. "Le risque pour les eaux souterraines était important et le risque significatif pour les eaux superficielles donc nous avons assigné la commune".

Une ressource potentielle d'eau potable a été mise en danger par cette gestion négligente" — Hervé Hourcade, de FNE

Hervé Hourcade entend les arguments financiers du maire mais condamne son inertie :"Il aurait pu arrêter de stocker les déchets avant juillet 2011 et enlever la partie supérieure des déchets qui avaient été stockés. Cette violation des réglementations a fait peser des risques très importants pour les eaux souterraines et superficielles".

RÉACTION I Le juriste de FNE Hervé Hourcade

Cazères condamnée à 5.000 € d'amende

Suite à une assignation déposée par l'association France Nature-Environnement Midi-Pyrénées Cazères a été condamnée par le tribunal d'instance de Saint-Gaudens le 16 octobre dernier. La commune est condamnée pour son retard fautif notamment dans la fermeture de la décharge.

Conformément à la demande indemnitaire de France Nature-Environnement Midi-Pyrénées, la commune doit verser 5.000 € à l'association pour le préjudice moral.