Climat – Environnement DOSSIER : Fessenheim : la plus ancienne centrale nucléaire de France

La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim repoussée à 2018

Par Céline Rousseau et Olivier Vogel, France Bleu Alsace et France Bleu mardi 8 septembre 2015 à 15:02

La centrale nucléaire de Fessenheim produit 1,5% de l'électricité française
La centrale nucléaire de Fessenheim produit 1,5% de l'électricité française © Max PPP

A l'occasion de sa visite à Strasbourg ce mardi, Ségolène Royal a annoncé que la centrale nucléaire de Fessenheim ne fermerait pas avant 2018, elle a vite été recadrée. François Hollande avait promis la fermeture de la plus vieille centrale de France d'ici la fin de son quinquennat.

C'est presque mathématique pour la ministre de l'écologie. La mise en service du réacteur nucléaire EPR de Flamanville a été reportée à fin 2018. Ce report décale d'autant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim._ "Il y a l’application de la loi, donc c’est assez simple"_, a expliqué Ségolène Royal en déplacement à Strasbourg ce mardi 8 septembre. "Maintenant, il y a un plafonnement de la production d’énergie nucléaire en France à 63,2 GW. Ce qui veut dire que quand Flamanville ouvrira, Fessenheim devra fermer. Flamanville va ouvrir, on sait maintenant que ce sera fin 2018, et en effet Fessenheim devra fermer, rien n’a changé de ce point de vue"\.

Ségolène Royal annonce le report de la fermeture de Fessenheim

Pourtant peu après son élection, François Hollande avait annoncé la fermeture de la plus vieille centrale de France pour fin 2016. En mars dernier, le Chef de l'Etat avait répété qu'elle se ferait avant la fin de son quinquennat. La ministre de l'écologie a donc rapidement été recadrée par une source gouvernementale.

Cinq milliards d'euros d'indemnités pour EDF ? Chiffre "sans fondement" selon Ségolène Royal.

Ségolène Royal a également commenté le chiffre de 5 milliards d'euros d'indemnités qu'EDF pourrait réclamer à l'Etat au titre de la fermeture de la centrale. "Des chiffres sans fondement, puisqu’aucune évaluation pour l’instant n’a eu lieu », selon la ministre de l'Ecologie.

"L'arrêt de la centrale doit s'envisager à l'horizon d'une décennie", Eric Straumann

Face à ce report, les écologistes dénoncent une promesse de campagne non tenue. "Je pense que c'est une ligne de rupture pas seulement entre EELV et le PS, c'est une ligne de rupture entre François Hollande et l'ensemble de la population française", selon Sandrine Bélier, tête de liste EELV aux élections régionales. "Lier la fermeture à l'ouverture de l'EPR c'est une interprétation qui ne tient qu'à Ségolène Royal".**

Le président du conseil départemental du Haut-Rhin,** Eric Straumann, est lui "particulièrement étonné" de cette déclaration de la ministre. "Le choix quant au réacteur à fermer relève de la décision de l'opérateur et non de l'Etat. Nous savions tous que l'échéance 2017 n'était ni juridiquement, ni techniquement tenable (...)._ L'arrêt de la centrale_ doit s'envisager à l'horizon d'une décennie".

Mise en service en 1978 avec deux réacteurs de 900 mégawatts chacun, Fessenheim est la doyenne des centrales nucléaires françaises.