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Climat – Environnement

La fin des palmiers sur le littoral méditerranéen ?

mercredi 26 décembre 2018 à 14:46 Par Julien Penot, France Bleu Hérault et France Bleu

L'Agence de sécurité sanitaire annonce la fin des palmiers sur le littoral méditerranéen. En cause, les larves du charançon rouge qui mangent l'arbre de l'intérieur. Dans l'Hérault, Palavas renonce, mais Sète persévère.

Une rangée de palmiers dans le port de plaisance de Palavas
Une rangée de palmiers dans le port de plaisance de Palavas © Radio France - Julien penot

Hérault, France

Le mythe de la côte méditerranéenne et ses grands palmiers est menacé par le charançon rouge, un insecte de trois centimètres. À Palavas-les-Flots, les arbres comptent leurs jours sur les rives de la Méditerranée. Déjà 25% d'entre eux sont dévorés par les larves de cet insecte. De mars à octobre, les femelles pondent leurs œufs dans la couronne de l'arbre, la partie supérieur du palmier. Les larves creusent des galeries dans le tronc détruisant le système vasculaire de l'arbre. Une fois infecté, le palmier meurt en moins d'un an. Problème : en plus d'être coriaces, les larves sont difficilement visibles de l'extérieur. 

Les oliviers prennent le relais à Palavas

"Au début on mettait de la glue sur le palmier, ensuite on a trouvé une sorte d'insecte qu'on lançait avec force pour qu'il puisse pénétrer l'intérieur, mais le charançon rouge, c'est très compliqué", détaille Christian Jeanjean, le maire de Palavas-les-Flots. La commune a enregistré les premiers cas il y a une quinzaine d'années mais aujourd'hui, la ville jette l'éponge.  

"Nous allons nous diriger vers les oliviers, on en a mis 300, ils ont très bien pris. Mais c'est dommage parce que le palmier est l'arbre qui convenait à notre région."  

Un choix également motivé par les frais qu'engendraient les soins administrés aux palmiers. Pour chaque palmier, la ville dépensait jusqu'à 200 euros par an. Un coût non négligeable dans une commune qui compte aujourd'hui 500 plants. 

Le charançon rouge, auteur de l'hécatombe des palmiers en Méditerranée - Maxppp
Le charançon rouge, auteur de l'hécatombe des palmiers en Méditerranée © Maxppp - Cyril Dodergny

Sète résiste

Un peu plus loin à l'ouest de la côte, Sète n'en démord pas.  Avec un patrimoine en palmiers estimé à un million d'euros,  la mairie n'a pas changé de cap. Un défi d'autant plus difficile que depuis août dernier, l'utilisation des pesticides est interdite dans les communes. 

Laurent Lafont, responsable du service jardin et paysage de la ville a procédé à neuf traitements : " On a injecté une solution biologique de nématode (une espèce de vers), pour que les larves présentes soient infectées et meurent". Aujourd'hui, Sète compte cinq palmiers infectés sur un total de 1.300. Ce qui est peu, mais Laurent Lafont reste prudent : "On a suivi le protocole de la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles qui nous garantissait des palmiers sains, mais la pression est tellement forte aux alentours que même en traitant, il y a des risques." Car si la mairie suit à la lettre les traitements pour les palmiers infectés, ce n'est pas forcément le cas des particuliers. 

Pourtant depuis un arrêté ministériel de 2010, une stratégie de lutte contre ce nuisible est en vigueur sur le territoire. Toute contamination doit être signalée et traitée par les mairies et les particuliers. "La réglementation est la même pour tous. Elle est assortie de sanctions pouvant jusqu’ à six mois de prison avec sursis si on ne la respecte pas", prévient Hervé Pietra, président de l'association "Sauvons nos Palmiers".

Traitement d'un palmier contre le charançon rouge. Des drones sont également utilisés pour mener cette opération. - Maxppp
Traitement d'un palmier contre le charançon rouge. Des drones sont également utilisés pour mener cette opération. © Maxppp - Cyril Dodergny

Plusieurs solutions biologiques en développement

Pour pallier l'interdiction des produits chimiques, plusieurs alternatives existent. Des pièges libérant des phéromones permettent d'attirer et d'attraper les papillons pour limiter sa propagation. "À Abou Dabi, ils ont attrapé 30.000 charançons en six mois, donc si vous voulez faire baisser les populations, c'est un moyen de le faire", précise Hervé Pietra.  

Le palmier peut être aussi traité avec des champignons,  comme le bauvéria bassina, qui paralyse les larves à l'intérieur même des palmiers. 

Enfin, les nématodes, des vers utilisés notamment à Sète, qui empoisonnent les larves du charançon rouge. Une solution efficace mais qui comprend beaucoup de contraintes. "Il faut l'instiller dans la couronne du palmier, donc il faut une nacelle. Mais à partir de 20 degrés, le ver meurt avant d'atteindre le cœur du palmier." Problème : la période de ponte correspond à la montée des températures dans la région.

L'Europe baisse les bras

Le phénomène est tel que le 21 mars dernier, la Commission européenne a décidé de renoncer à la lutte obligatoire contre le charançon rouge. L'insecte, signalé pour la première fois en 2006 en France, s'est tellement propagé que l'instance européenne s'interroge sur l'efficacité de sa lutte. Cette décision est justifiée par le risque des conséquences des traitements sur les autres espèces de la flore méditerranéenne. Cette décision européenne n'a pas été suivie par la France.  Le ministère de l'Agriculture a maintenu sa lutte. Il attendait justement le verdict de l'Agence de sécuritaire sanitaire pour modifier l'arrêté de 2010 d'ici la fin de l'année.