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Climat – Environnement

La forêt landaise à l'épreuve du réchauffement climatique : quelle diversité possible ?

samedi 29 décembre 2018 à 6:06 Par Elodie Vergelati, France Bleu Gascogne

Quoi d'autre à la place du pin dans les Landes? D'après Reforest'Action, le salut de la forêt française face à la surchauffe de la planète, réside dans la diversification des essences. Une analyse contestée par les sylviculteurs landais.

Les sylviculteurs ont tenté de planter des feuillus, comme des chênes, des bouleaux, et même de l'eucalyptus mais le pin reste l'arbre le plus adapté à la forêt landaise.
Les sylviculteurs ont tenté de planter des feuillus, comme des chênes, des bouleaux, et même de l'eucalyptus mais le pin reste l'arbre le plus adapté à la forêt landaise. © Maxppp - Vincent Isore

Landes, France

La diversité, seul avenir possible pour la forêt française dans un contexte de réchauffement climatique? C'est en tout cas l'analyse de Reforest' Action. Celle qui se présente comme "une entreprise à vocation sociale" a publié ces dernières semaines un rapport. Elle y explique que la diversité des essences renforce les forêts face aux aléas climatiques, les rendant "plus résilientes" face à la sécheresse, aux incendies et aux insectes ravageurs. 

La seule essence qui pousse, c'est le pin, Eric Dumontet

La monoculture des pins n'est pas une faiblesse mais bien un atout face au réchauffement climatique, rétorquent les sylviculteurs du sud-ouest. "D'abord, la forêt landaise est esclave de son sol, pauvre et sableux. La seule essence qui pousse correctement et durablement, c'est le pin", explique Eric Dumontet, secrétaire général du syndicat des sylviculteurs du sud-ouest. 

"Par ailleurs, le pin maritime, on en trouve jusqu'au Maroc, en Corse; dans les Landes, on se situe au nord de sa zone géographique naturelle. Avec le réchauffement climatique, cette zone va s'étendre jusqu'en Bretagne. Le pin, très résistant, va donc gagner du terrain, ce qui est très positif", poursuit Eric Dumontet. Des pins qui vont stocker le carbone et contre-balancer la pollution issue des activités humaines. "Contrairement à ce qu'on croit, il y a de la biodiversité au pied des pins", souligne Eric Dumontet. 

Diversifier la forêt landaise : mission quasi impossible

Les sylviculteurs ont bien tenté de diversifier la forêt landaise. Des arboretums ont été créés dès la fin du 19ème siècle. Au total, une centaine d'espèces ont été introduites, sans succès. Cet impératif de diversification a bien sûr pris un relief particulier suite aux tempêtes dévastatrices de 1999 et 2009. Il a fallu reboiser. "On a protégé, maintenu les feuillus, présents en lisières des cours d'eau, là où 30 ou 40 ans plus tôt, on les sans doute aurait abattus", développe Eric Dumontet. Pas de coupe, donc. De là, à planter des feuillus sur de grandes surfaces, c'est une autre paire de manches. Le chêne, le bouleau ou encore l'eucalyptus ne se plaisent pas dans les Landes. "La diversification, d'accord, mais si c'est pour planter des arbres qui ne poussent pas, je ne vois pas l'intérêt", oppose Eric Dumontet. 

Le cas du scolyte

Si le pin est le roi de la forêt landaise, capable de s'adapter à la sécheresse comme au trop-plein d'eau, il n'est pas intouchable pour autant. Chaque année, le scolyte, cet insecte ravageur, se délecte du pin. Ce qui fait dire à Reforest'Action, par l'intermédiaire de son président Stéphane Hillaire : "Quand vous avez 40 hectares de pins maritimes, vous avez 40 hectares de nourriture pour le scolyte. Il va aller d'arbre en arbre. Dans une forêt diversifiée, la progression des maladies est beaucoup plus lente". A quoi le syndicat des sylviculteurs du sud-ouest répond : "ce n'est pas un chêne ou deux sur la route du scolyte qui va stopper sa propagation, ce problème-là, nous savons le gérer"