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Environnement

200 millions de mégots jetés par terre chaque année à Bordeaux ; la Garonne polluée

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Par , France Bleu Gironde

Depuis juin une centaine de plaques d'égout bordelaises sont peintes de toutes les couleurs. Intitulée "La Garonne commence ici", cette campagne de sensibilisation a été lancée par la société d'assainissement de la métropole. Dans leur viseur : les mégots, qui contiennent 2500 substances toxiques.

Une centaine de bouches et plaques d'égouts ont été décorées ; dix plaques explicatives ont été installées.
Une centaine de bouches et plaques d'égouts ont été décorées ; dix plaques explicatives ont été installées. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Bordeaux, France

Dans le centre historique de Bordeaux, une centaine de plaques d'égout attirent le regard. Peintes de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, elles habillent le sol des rues autour de la rue Judaïque, la place Fernand Lafargue et la place des Chartrons. A partir de septembre, elles feront également irruption dans la commune d'Artigues-près-Bordeaux. Une dizaine de plaques en fonte ont également été apposées à proximité des avaloirs, ces bouches qui recueillent les eaux de ruissellement. Leur message est simple : "Ne rien jeter, ne rien vider, la Garonne commence ici."

Un mégot pollue 500 litres d'eau

Cette campagne de sensibilisation a été lancée en juin par Bordeaux métropole, en collaboration avec l'artiste bordelais Charlie Devier. Le but : alerter sur la pollution, notamment celle des mégots. La métropole estime que 200 millions sont jetés par terre chaque année à Bordeaux. Ils finissent dans les égouts et viennent contaminer les eaux de la Garonne. "Un mégot ne mesure que deux centimètres, mais contient 2500 substances toxiques et pollue 500 litres d'eau" explique Didier Brunet, le directeur général de la SABOM, la société d'assainissement de Bordeaux métropole.

"Un mégot, c'est 2500 substances toxiques" - Didier Brunet, le directeur général de la société d'assainissement de Bordeaux Métropole

"Les mégots contiennent des micro-polluants qui ne peuvent pas être traités par les stations d'épuration"

Et ce, même si le mégot en question passe par une station d'épuration. En effet, "il contient des micro-polluants qui ne peuvent pas être traités par les stations d'épuration" précise Didier Brunet. Deux types de réseaux existent : dans le cœur historique de la ville, c'est un réseau unitaire qui mélange les eaux usées et les eaux pluviales, elles sont traitées dans les stations d'épuration. En-dehors de ce périmètre, si c'est un réseau qui ne collecte que les aux pluviales, tout ce que l'on jette dans les avaloirs se retrouve directement dans la Garonne.

"Rendre beau le sale"

Bordeaux métropole espère que cette campagne de sensibilisation mettra fin aux mauvaises habitudes. Elle précise que la peinture utilisée pour décorer les plaques d'égout ne contient aucune substance toxique pour l'environnement. Au côté pédagogique se mêle un aspect artistique, explique Marie Ladonne, de l'agence Bam Projects, qui accompagne l'artiste Charlie Devier : "Il voulait décamoufler les plaques d'égout en peignant sur les motifs. Son intention est d'amener l'art dans l'espace urbain, sur des objets du quotidien. Il souhaite attirer le regard sur les choses qu'on a sous nos pieds mais auxquelles on ne prête pas attention parce qu'elles sont considérées comme sales, et les rendre belles." Cette campagne a été co-financée par la Sabom et Bordeaux métropole.

Changer les mauvaises habitudes... pas facile ! Le reportage France Bleu Gironde