Climat – Environnement

La LPO de Drôme étudie le passage des chauves-souris à Saôu

Par Romain Dézèque, France Bleu Drôme-Ardèche et France Bleu lundi 14 septembre 2015 à 6:16

Quatre micros à ultrason installés pour capter le passage des volatiles
Quatre micros à ultrason installés pour capter le passage des volatiles - LPO Drôme

La déviation routière de Saôu a coupé la route...aux chauves-souris ! Les chiroptères, qui vivent en nombre dans ce secteur, sont désormais obligés de traverser la voie pour aller se nourrir en forêt de Saôu. La LPO et le Conseil départemental ont installé un dispositif pour éviter les collisions.

La Ligue de protection des oiseaux (LPO) de la Drôme a mis en place ce dispositif depuis neuf mois avec l'aide du Conseil départemental. Il s'agit de deux filets hauts de 2m, installés de part et d'autre de la route. "Cela force les chauves-souris à voler plus haut pour traverser la route et ainsi éviter les collisions avec les voitures ou les camions" explique Stéphane Vincent, membre de la LPO. Pour étudier le parcours des chiroptères, les observateurs ont installé l'espace d'une soirée des micros à ultrason et une caméra thermique. Les enregistrements ont ensuite été modélisés sur ordinateur, permettant ainsi de redessiner le trajet des chauves-souris. "On a misé sur deux options : le passage inférieur, sous le pont, et pour les chauves-souris qui volent à hauteur d'arbres, ces filets" précise Stéphane Vincent. 

Une dizaine d'observateurs bien équipés ont participé au repérage

Pourquoi tant d'énergie pour de simples volatiles ? Parce que les chauves-souris sont des espèces protégées en France. "Ici en Drôme, on dénombre 30 espèces différentes dont une quinzaine qui sont menacées de disparition" ajoute Stéphane Vincent. L'analyse des données récoltées prendra plusieurs jours. Une chose est sûre : depuis la mise en place du tunnel et de ces filets, aucun cadavre de chauve-souris n'a été retrouvé sur la route.