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Climat – Environnement

Deux oiseaux sur cinq menacés de disparition en Franche-Comté

mercredi 16 janvier 2019 à 19:18 Par Wassila Guittoune, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu

La LPO, la Ligue de Protection des Oiseaux alerte de nouveau sur la situation des espèces d'oiseaux nidificateurs en région Bourgogne Franche-Comté. Dans une conférence prévue ce jeudi à Maîche, dans le Doubs, l'association rappelle que plus de 40% des espèces sont menacés d'extinction.

La chevêche d'Athéna a quasiment disparu du Territoire de Belfort
La chevêche d'Athéna a quasiment disparu du Territoire de Belfort © Maxppp - Lartigue Stephane

Territoire de Belfort, France

Une conférence, prévue ce jeudi à Maîche, dans le Doubs, est organisée par la LPO de Bourgogne Franche-Comté pour alerter sur la situation des espèces d'oiseaux nidificateurs dans la région. En effet, l'association, qui a réalisé un ouvrage sur le sujet, a observé que sur les 181 espèces d'oiseaux qui nichent en Franche Comté, seulement 67 se portent bien et une trentaine sont considérés en danger critique d'extinction.

Certains oiseaux désormais introuvables dans le Territoire de Belfort ou le pays de Montbéliard

Il suffit ainsi d'aller à Exincourt, dans le Doubs, au domicile de Claude Nardin, pour se rendre compte de la situation. Cet ornithologue a photographié près de 60 000 oiseaux depuis les années 60. Ce passionné estime ainsi qu'il y a "encore une quarantaine d’années, il était relativement facile de faire des images, des observations, d’espèces plutôt rares et particulières. Aujourd’hui, on doit faire du repérage au cours de longues journées d’observations sur des milieux qui se rétrécissent comme peau de chagrin. On passe infiniment plus de temps en repérage et en observation. Il y a 20 ans quand je voulais photographier le moineau friquet, j’allais à Brognard, dans la campagne environnante, dans les vergers, actuellement il n’y en a plus.

Un constat largement partagé par la LPO, dont Bernard Marconot fait partie : "Dans le Territoire de Belfort, on peut prendre l'exemple d'un oiseau symbolique qui a quasiment disparu : la chevêche d’Athéna, qui est une petite chouette. « C’est triste. C’est même très triste. Une espèce fait partie du patrimoine de la planète : un patrimoine avec une valeur inestimable.". 

Le coupable : l'Homme

Selon Bernard Marconot, membre de la LPO du Territoire de Belfort, c'est bien l'activité humaine qui a accéléré le processus d'extinction de certaines espèces : "La mécanisation agricole ainsi que l’utilisation des pesticides et des produits chimiques est l’une des causes de la disparition d’espèces d’oiseaux des milieux agricoles : 80% des espèces d’insectes ont disparu, et donc par voie de conséquence les oiseaux qui mangent les insectes et toute la chaîne. (...) Dans les nids de pieche grise, dans le Jura, on retrouve dans les nids des ficelles abandonnés de tous les emballages de bottes de foin par exemple, et les jeunes s’étranglent avec. (...) Dans les campagnes, le nombre de haies qui a disparu est absolument énorme. Avec la mécanisation, les haies sont en effet gênantes pour les activités agricoles. Or ce sont des lieux indispensables pour certaines espèces, pour leur nidification".

Il est encore temps d'agir

Samuel Maas, ornitologue à la LPO de Bourgogne Franche-Comté insiste sur le fait que désormais il y a une "banalisation de nos territoires. On n'observe quasiment plus désormais de spécificité. Ce que l'on voit maintenant, c'est que les oiseaux sont exactement les même qu'on soit en Bretagne, en Alsace, en Franche-Comté ou en Suisse. On peut encore inverser cette tendance : en changeant de modèle agricole. Pour un particulier aussi, on peut agir sur son environnement : il suffit de moins tondre sa pelouse, pour voir s'épanouir des fleurs, qui pourront produire des graines, des graines qui seront mangés par différentes espèces. Il y a tout un tas de choses à faire pour habituer les oiseaux à revenir près de nous. Mais il y a tout de même un tas d'espèces, à mon avis, qui ne reviendront plus jamais sur nos territoires".