Climat – Environnement

La permaculture, ou comment cultiver plus avec moins d'eau

Par Noémie Philippot, France Bleu Saint-Étienne Loire jeudi 10 août 2017 à 19:19

Christophe Gaudry s'est lancé dans la permaculture en 2013. Une technique qui cherche à reproduire l'écosystème, tel qu'il existe dans la nature.
Christophe Gaudry s'est lancé dans la permaculture en 2013. Une technique qui cherche à reproduire l'écosystème, tel qu'il existe dans la nature. © Radio France - Noémie Philippot

La moitié du département de la Loire est placé en alerte sécheresse. Parmi les premiers concernés : les agriculteurs. Difficile d'économiser l'eau au moment où les cultures en ont le plus besoin. Pourtant, des alternatives existent, comme la permaculture.

Une bonne partie de la Loire vient d'être placée en alerte sécheresse. Cela implique des restrictions d'eau dans plusieurs zones du département. Sauf que ce n'est pas évident à mettre en place pour les agriculteurs.

Direction Veauche, pour rencontrer Christophe Gaudry, producteur. Il possède deux hectares et demi entièrement dédiés à la permaculture. Il a choisi de se lancer en 2013. Pour lui, la permaculture, c'est d'abord l'observation de la nature : "Le but, c'est d'observer l'écosystème pour pouvoir l'optimiser en agriculture" explique-t-il.

Et en appliquant cette technique, le permaculteur consomme beaucoup moins d'eau sur son exploitation qu'un agriculteur traditionnel. Le principe de base, c'est de couvrir le sol, "parce qu'un sol n'est jamais nu dans la nature". Après, le sol fait le reste : "Les vers de terre vont creuser des galeries, les légumes vont creuser des trous avec leurs racines, qui vont faire des micro-puits qui vont stocker l'eau."

Grâce à la paille, l'eau stockée dans le sol s'évapore beaucoup moins vite. Un système qui a permis à Christophe Gaudry de passer l'été 2015 sans arroser ses plantations, malgré la canicule. Cette année, la sécheresse est plus forte alors il a fallu aider les plantes, mais sa consommation reste très réduite : il n'arrose qu'une fois tous les trois jours, voire même une fois par semaine seulement.

Du maïs comme tuteur, des haricots pour amener de l'azote, des courges pour bloquer les rayons du soleil ... Chaque mètre carré est un petit écosystème chez Christophe Gaudry.  - Radio France
Du maïs comme tuteur, des haricots pour amener de l'azote, des courges pour bloquer les rayons du soleil ... Chaque mètre carré est un petit écosystème chez Christophe Gaudry. © Radio France - Noémie Philippot

A terme, ce sont même d'autres plantes qui prennent le rôle du parasol et remplacent la paille. De la sauge, des courges ... Peu importe tant qu'elles restent près du sol. Puis le jardin se construit en étages : "Cela crée une canopée qui protège le sol du soleil, explique Christophe Gaudry. Du coup, sur une petite surface, je cultive jusqu'à quatre plantes différentes !" Le permaculteur ne produit pas plus en quantité, mais a une production beaucoup plus variée que dans l'agriculture traditionnelle.

Les plantations de Christophe Gaudry ressemblent à de petites jungles.

Alors la permaculture serait-elle la solution miracle pour une agriculture plus diversifiée qui consomme moins d'eau, même à grande échelle ? Selon Laurent Pinatel, porte-parole national de la Confédération paysanne, c'est compliqué : "La permaculture, c'est l'idée de plantations qui fonctionnent quasiment en autarcie. Alors je ne suis pas sûr que ce soit compatible avec une agriculture industrielle." Mais Laurent Pinatel le concède : la permaculture est une philosophie qui doit être prise en compte pour l'avenir de l'agriculture.