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La pollution de l'air à l'origine de 1900 décès par an en région Centre Val de Loire

Par Anne Oger, France Bleu Orléans mardi 20 septembre 2016 à 19:09

71 décès par an dûs à la pollution dans l'Agglo d'Orléans
71 décès par an dûs à la pollution dans l'Agglo d'Orléans © Radio France - Anne Oger

A l'occasion de la Journée Nationale de la Qualité de l'Air, France Bleu Orléans revient sur une étude qui révèle le nombre de décès liés à la pollution atmosphérique en région Centre Val de Loire : 1900 décès chaque année. En 2015 les accidents de la route ont fait 178 morts dans la région

Cette étude, réalisée au plan national par l'Agence  de la Santé Publique, et déclinée dans chaque région, est une première en France. Elle évalue "l'impact de l'exposition chronique à la pollution de l'air sur la mortalité en région Centre Val de Loire", et contrairement à d'autres études réalisées précédemment, elle couvre l'ensemble du territoire de la région. Par exemple en 2013, une précédente étude avait été réalisée pour la seule agglomération d'Orléans. On parlait alors de 71 décès liés à la pollution atmosphérique chaque année. Celle-ci montre que, même si les grandes agglomérations de la région concentrent 48% des décès liés à la pollution, les zones rurales ne sont pas épargnées, c'est l'un des enseignements majeurs.

La pollution, 3ème cause de décès en région Centre Val de Loire

Pour faire ce calcul, les épidémiologistes s'appuient sur le nombre de décès chaque année et le mettent en rapport avec les taux de concentration de particules fines relevés chaque jour par des capteurs disséminés sur tout le territoire par Lig'Air (le réseau de surveillance de la qualité de l'air en région Centre Val de Loire). Les particules, c'est ce que rejettent les voitures, les camions, les usines, et les exploitations agricoles. La concentration des particules fines se mesure en microgrammes/mètres cubes (µg/m3). A Orléans par exemple, selon Patrice Colin, le directeur de Lig'Air, on est en moyenne aux alentours de 20 µg/m3 chaque jour.

La pollution de l'air n'épargne pas les zones rurales, même si elles concentrent 48% des décès prématurés selon notre étude, et même si la majorité se situe au-dessus de l'axe ligérien. Personne n'est épargné, c'est bien ce qu'il faut comprendre

S'il n'y avait aucune pollution, comme c'est le cas dans les zones montagneuses à haute altitude, on éviterait donc 1900 décès chaque année, en comparaison avec ce taux de concentration. Cela représenterait une baisse de 8% de la mortalité en région Centre Val de Loire, et on gagnerait 9 mois d'espérance de vie à 30 ans, dit l'étude. Comparé aux 2,5 millions d'habitants de la région cela paraît peu, ça représente 0,07% de la population. Mais par exemple l'an dernier, les accidents de la route ont fait 178 morts en Centre Val de Loire. Selon Patrice Colin toujours, "la pollution, c'est aujourd'hui la 3ème cause de mortalité dans notre région, derrière le tabac et l'alcool".

Ce ne sont pas les pics de pollution qui sont à l'origine de ces décès, mais bien l'exposition permanente, même à des niveaux modérés

L'absence totale de pollution comme en zone montagneuse, on en est loin, alors l'étude se base sur des concentrations plus proches de la réalité. Si l'on respectait en France les normes fixées par l'Organisation Mondiale de la Santé, l'OMS, qui sont de 10µg/m3, on éviterait alors 400 décès par an. Mais on en est encore loin. On est même souvent au-delà des normes actuelles, fixées par le Grenelle de l'Environnement. Même si on les respectait, on n'en tirerait pas de bénéfice, dit l'étude de l'Agence Nationale de Santé Publique. "Et ce qu'il faut bien comprendre, c'est que cette pollution n'épargne pas les zones rurales, ça c'est nouveau dans notre étude et c'est ce que chacun doit comprendre" explique Luce Menudier, épidémiologiste, qui a réalisé cette étude. "Et ce ne sont pas les pics de pollution qui ont le plus d'effets néfastes sur notre santé. Ce sont les effets à long terme, ce qu'on respire même à des niveaux modérés mais en permanence, qui provoque les maladies respiratoires cardio-vasculaires, entre autres, à l'origine des décès prématurés".

Luce Menudier, épidémiologiste à l'Agence Nationale de Santé Publique

Journée portes ouvertes au centre Lig'air, de Saint-Cyr en Val

A l'occasion de la journée nationale de la qualité de l'air, il est possible ce mercredi de visiter les locaux, les laboratoires de maintenance et de métrologie. Patrice Colin, le directeur du Réseau de surveillance de la qualité de l'air dans la région, était l'invité de France Bleu Orléans.

Patrice Colin, directeur de lig'Air invité de France Bleu Orléans. A réecouter

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