Santé – Sciences

La pollution de l'air responsable d'un décès sur dix dans le monde

Par Raphaël Godet, France Bleu jeudi 8 septembre 2016 à 16:51

Panneau indiquant un risque de pollution sur le périphérique parisien.
Panneau indiquant un risque de pollution sur le périphérique parisien. © Maxppp - IP3 PRESS

Selon un rapport de la Banque mondiale publié ce jeudi, la pollution atmosphérique est devenue le quatrième facteur de décès prématuré dans le monde. Elle a tué près de 3 millions de personnes en 2013, dont 48.000 en France.

On savait que la pollution atmosphérique représentait un risque majeur pour la santé, on peut désormais avancer des chiffres. En 2013, elle a tué 2,9 millions de personnes dans le monde, selon le rapport de la Banque mondiale rendu public ce jeudi. En clair, les maladies causées par la pollution de l'air (maladies cardiovasculaires, cancers des poumons, maladies pulmonaires chroniques, infections respiratoires...) sont responsables d'un décès sur dix dans le monde, c'est six fois plus que le paludisme.

Quatrième facteur de décès prématuré

La pollution atmosphérique est devenue le quatrième facteur de décès prématuré dans le monde, derrière les maladies métaboliques (comme le diabète ou l’hypertension), derrière aussi le tabac.

Qui sont les plus touchés ? 

Globalement, les pays en développement sont les plus exposés. La pollution est à la fois très sévère dans les villes et mégalopoles qui connaissent une urbanisation rapide. En 2013, neuf victimes sur dix se situaient dans les pays du Sud. Aussi, l'exposition des enfants âgés de moins de 5 ans est soixante fois plus élevée dans les pays à faible revenu que dans les riches économies.

Différence homme / femme

Le taux de mortalité à cause de ce facteur est plus important parmi les hommes (85 pour 100.000) que parmi les femmes (68 pour 1000.000).

Combien en France ?

Une récente étude publiée en juin dernier montre que la pollution de l'air était responsable de 48.000 décès par an en France, dont les deux tiers étaient évitables.

Les trois-quarts de la planète concernés

Toujours selon le rapport de la Banque mondiale, 87% de la population sur la planète est plus ou moins exposée à cette pollution. Les plus forts taux d'exposition aux particules fines ont été enregistrés en Mauritanie, en Chine et en Arabie saoudite. Ce sont l'Australie, la Norvège ainsi que les îles du Pacifique et des Caraïbes qui sont les zones les plus préservées.

Manque à gagner économique 

Ces pertes en vies humaines sont aussi synonymes de manques à gagner en termes de revenus et d'entraves au développement économique, selon les calculs de la Banque mondiale. Ainsi l'étude évalue que les pertes de revenus du travail liés à ces décès se sont chiffrées à environ 225 milliards de dollars en 2013. Par exemple, en Asie de l'est, et du sud (Chine et Inde), elles pèsent l'équivalent de 7,5 % du Produit intérieur Brut (PIB) de ces régions.

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