Climat – Environnement

La préfète des Pyrénées-Orientales enterre le projet de goudronnerie de Vinça

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon mardi 13 octobre 2015 à 14:06

© Maxppp - GUILLAUME HORCAJUELO/EPA/Newscom/MaxPPP

L'usine de goudron ne verra pas le jour sur les rives du lac de Vinça. Josiane Chevalier, préfète des Pyrénées-Orientales, a rejeté le projet.

L'air de Vinça ne sentira pas le goudron. La préfète des Pyrénées-Orientales écarte le projet de construction d'une usine de fabrication de goudron, lancé en début d'année. 

Les services de l'Etat dans le département ont pris cette décision après avoir étudié le rapport d'enquête publique, terminé début juillet. La centrale, si elle avait vu le jour, aurait pu produire jusqu'à 50.000 tonnes d'enrobés par an. Des enrobés à chaud pour les routes du département.

Les habitants de Vinça et de neuf autres communes alentours s'étaient mobilisés au printemps pour dénoncer ce projet, en mettant en avant les nuisances olfactives et les risques pour la santé. Une pétition avait recueilli plus de 5 000 signatures.

Quelque 170 opposants avaient d'ailleurs investi la mairie dans le calme, le 3 juillet dernier. Trois semaines plus tard, le 22 juillet, le maire de Vinça avait refusé le permis de construire. Il ne manquait plus que la décision de la préfecture.

Cette création d'usine était portée par la société Le Foll Travaux Publics, qui souhaitait disposer d'une unité de production au plus près de ses chantiers. Elle a remporté un contrat de trois ans pour l’entretien des routes départementales autour de Saint-Paul-de-Fenouillet, Ille-sur-Têt, Prades et Saillagouse.

"Alléluia" l'association Conflent Environnement

L'annonce de la préfète est vécu comme un véritable soulagement pour l'association Conflent Environnement créee spécialement pour dénoncer ce projet : "On est très satisfait d'avoir été entendus. C'est toute la vallée de la Têt qui va être préservée. On s'est battu pour défendre notre cadre vie. J'en ai la chaire de poule. Alléluia ! On va fêter cette bonne nouvelle dès qu'on aura la certitude qu'il n'y aura aucun recours contre la décision de la préfète" explique Solveig Pagès, de l'association.

Solveig Pagès, de l'association Conflent Environnement, c'est un soulagement

"Des liens très forts se sont crées, il va en rester quelque chose, ça donne de l'espoir"

La mobilisation a donc payé estime Solveig Pagès, et au delà du combat à proprement parlé contre l'usine de goudron de Vinça, cette mobilisation redonne confiance en la nature humaine : "C'est une expérience inoubliable car chacun s'est senti responsable. Des experts sont venus nous aider pour que nous ayons une vue complète de ce que représentait la menace. Il y a eu aussi une très grande solidarité pour les agriculteurs bio dont les terrains se trouvaient juste à côté de l'endroit où était prévu le projet. Donc nous nous sommes tous battus ensemble et je n'oublierai jamais. Ça donne de l'espoir et de l'énergie dans un monde où domine la tristesse et le découragement, là il y a des liens très forts qui se sont construits et qui j'espère vont rester pour servir à d'autres."

Solveig Pagès, de l'association Conflent Environnement, ça redonne de l'espoir