Climat – Environnement

La qualité de l'air s'améliore en Auvergne malgré deux récents pics de pollution

Par Juliette Micheneau, France Bleu Pays d'Auvergne lundi 20 mars 2017 à 8:57

A l'entrée de l'agglomération clermontoise, ces "girafes" indiquent l'indice de qualité de l'air du jour.
A l'entrée de l'agglomération clermontoise, ces "girafes" indiquent l'indice de qualité de l'air du jour. © Maxppp - BOILEAU Franck

D'après le bilan 2016 d'Atmo Auvergne Rhône Alpes, la qualité de l'air que nous respirons s'est améliorée depuis 10 ans, malgré deux pics de pollutions importants en décembre et janvier dernier.

C'est l'ombre au tableau 2016 : ces deux pics de pollution en décembre et en ce début janvier. De par les niveaux atteints et la durée de l'épisode, la région n'avait pas connu ça depuis 2011. Sur le territoire auvergnat, la pollution de l'air se concentre sur l'agglomération de Clermont-Ferrand mais aussi le long d'axes routiers très fréquentés comme la Nationale 7 dans le secteur de Moulins. Seul l'Ouest auvergnat est encore épargné et doit être préservé.

Les chauffages individuels, premiers pollueurs

Dans la région, quatre polluants continuent à dépasser les valeurs réglementaires : les particules PM10 ou particules fines, très présentes lors des derniers pics de pollution. Dans ce cas, le trafic routier n'est responsable que pour un quart des émissions : les premiers pollueurs sont les chauffages individuels et notamment les chauffages au bois non performants. Même chose dans le cas du Benzo(a)Pyrène. Le dioxyde d’azote, en revanche, est clairement lié aux transports : on le retrouve le long des axes routiers, comme la Nationale 7. Enfin, si vous combinez tous ces polluants à beaucoup de soleil et de chaleur, se crée une pollution à l'ozone, qui joue sur le fameux effet de serre. C'est la seule qui ne baisse pas depuis 10 ans alors que sur la même période, les émissions de particules fines dans la région ont baissé de 34%.

Malgré des tendances encourageantes, Nicolas Bonnet, président du comité territorial Auvergne d'Atmo Auvergne-Rhône Alpes relativise : "Pour les particules fines, si on voulait se baser sur les seuils de l'Organisation mondiale de la santé, on serait en dépassement sur quasiment toutes les zones urbaines de la région". Si les niveaux moyens de pollutions tombaient à hauteur de ces seuils fixés par l'OMS, les habitants des grandes agglomérations françaises gagneraient près de 5 à 7 mois d’espérance de vie.

Des solutions à plus ou moins long terme

Pour améliorer encore la qualité de notre air il y a les mesures à long terme : poursuivre la modernisation du parc de chauffage individuel ou améliorer les plans de mobilité pour offrir plus d'alternatives à la voiture. Plus ponctuellement il y a la circulation alternée ou différenciée en fonction de l'âge du véhicule : leur effet a bien été mesuré à Grenoble et Lyon mais on est bien en dessous des baisses d'émission attendues, preuve que tous les automobilistes ne jouent pas le jeu. Clermont-Ferrand pourrait passer à ce système de vignette dans quelques années si elle entre, comme les autres agglomérations de la région dans le dispositif "ville respirable en 5 ans".

Plus d'infos : vous pouvez désormais télécharger l'application d'Atmo Auvergne Rhône Alpes qui renseigne la qualité de l'air en temps réel sur la région.