Climat – Environnement

La sécheresse inquiète les agriculteurs normands

Par Lucas Valdenaire, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) vendredi 21 avril 2017 à 17:38

Si la pluie ne revient pas dans deux semaines, la récolte de blé de Gilles Leboeuf pourrait être menacée
Si la pluie ne revient pas dans deux semaines, la récolte de blé de Gilles Leboeuf pourrait être menacée © Radio France - Lucas Valdenaire

Il ne pleut pas assez en Normandie. La sécheresse guette dans toute la région. Depuis cet hiver, l'intensité des averses est en dessous de son niveau habituel. Le département de l'Eure est placé en vigilance et des restrictions d'eau sont mises en place. Les céréaliers craignent pour leurs récoltes.

A la frontière de l'Eure et de l'Eure-et-Loir, il n'y a pas eu de grosses pluies depuis le 5 mars dernier. Gilles Leboeuf s'en souvient très bien. Au milieu de ses 70 hectares de blé, le céréalier commence à constater les dégâts.

Vous voyez les racines sont dans le sec, le bout des feuilles jaunit un peu : le blé commence à souffrir.

"Toute la profession est inquiète"

L'agriculteur croise les doigts et change ses habitudes de travail : "s'il n'y a pas d'eau, il y a moins de maladies, donc on traite un peu moins, explique Gilles Leboeuf. On met des doses plus petites et un peu moins souvent pour limiter la casse, mais ça va pas nous sauver pour autant."

"Les racines sont dans le sec et les feuilles jaunissent : ça commence à souffrir" - Gilles Leboeuf - Radio France
"Les racines sont dans le sec et les feuilles jaunissent : ça commence à souffrir" - Gilles Leboeuf © Radio France - Lucas Valdenaire

Si dans deux semaines, les averses ne reviennent pas : les rendements seront sérieusement menacés. D'autant que l'an dernier, la récolte n'a pas été bonne non plus. A cause, cette fois, d'un excès de pluie : "les agriculteurs sont inquiets, toute la profession est inquiète, parce qu'on a eu une mauvaise récolte l'an dernier."

2015 : bonne récolte mais mauvais prix ; 2016 : mauvaise récolte et mauvais prix. Cette année il faut que ça change.

En cas de sécheresse sévère, Gilles Leboeuf ne peut compter que sur une augmentation des tarifs pour sauver sa saison. Mais il n'en a aucun contrôle : c'est le marché mondial qui fixe les prix du blé.

Des restrictions et des contrôles

Pour éviter le pire, la préfecture a placé le département de l'Eure en vigilance. Des restrictions d'eau sont mises en place depuis un mois dans l'Eure aval, l'Eure moyenne et l'Iton amont. Comme l'explique Sylvain Thuleau, le responsable du service en charge de l'eau, de la biodiversité et des forêts à la préfecture : "il est désormais interdit d'arroser son jardin, de nettoyer son trottoir, ou encore de remplir sa piscine. Il y a également des restrictions horaires sur l'irrigation agricole quand elle commencera."

"Des restrictions d'eau pour les particuliers et les professionnels dans l'Eure" - Sylvain Thuleau de la préfecture.

Des contrôles de l'Agence française de la biodiversité seront effectués. C'est aussi un appel à la citoyenneté.

L'est et l'ouest du département de Seine-Maritime sont également surveillés de près par les autorités. Si la sécheresse perdure, les restrictions seront étendues à d'autres territoires de la région.

Le reportage dans les champs de blé de Gilles Leboeuf :

"Il n'a pas plus depuis le 5 mars" - le céréalier Gilles Leboeuf craint pour sa récolte.