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Climat – Environnement DOSSIER : Affaire du crassier d'ArcelorMittal Florange

Le blues du chauffeur d'ArcelorMittal Florange qui a dénoncé une pollution à l'acide

dimanche 23 juillet 2017 à 21:30 Par Cécile Soulé, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu

Le chauffeur qui a dénoncé début juillet une pollution à l'acide sur le crassier d'ArcelorMittal Florange attend avec impatience les résultats de l'enquête préliminaire qui devraient être dévoilés dans les prochains jours. Mais il vit difficilement d'être au coeur de ce tourbillon judiciaire.

Dans l'usine d'ArcelorMittal Florange
Dans l'usine d'ArcelorMittal Florange © Maxppp - Pierre Heckler

Moselle, France

Le parquet de Thionville devrait communiquer dans les prochains jours (dans la semaine du 24 juillet) les premiers résultats de son enquête préliminaire sur une pollution présumée à l'acide sur le crassier de l'usine ArcelorMittal Florange. Des résultats attendus avec impatience par le chauffeur de camion qui a dénoncé cette pollution à travers une vidéo choc mise en ligne par France Bleu Lorraine début juillet. Aujourd'hui, cet ancien intérimaire d'un sous-traitant d'Arcelor, Suez, se retrouve au coeur d'un tourbillon médiatique et judiciaire.

Même si des internautes se sont mobilisés pour collecter des fonds à son profit à hauteur de plus de 10.000 euros, l'homme, qui souhaite encore rester anonyme, vit difficilement ce nouveau statut de lanceur d'alerte et attend avec impatience les résultats de l'enquête.

Je ne m'attendais pas à tout ça, ça me tracasse tous les jours"

"J’aimerais savoir, c’est important" explique-t-il à France Bleu Lorraine. "Pour moi, la pollution est réelle, je sais ce que j’ai déchargé. La semaine redémarre et ça va être une bataille, mais je ne me laisserai pas faire, j’ai pas peur d’Arcelor, j’ai pas peur de Suez. Mais bon, c’est pas facile. Je ne m’attendais pas à tout ça, tout cet effet boule de neige, ça me tracasse tous les jours."

Quand on lui demande ce qu'il ressent depuis qu'un certain nombre de gens le considèrent comme un lanceur d'alerte, ce chauffeur de camion, au chômage depuis qu'il a dénoncé cette pollution en interne il y a quelques mois, reste dubitatif. Certes, il a grandement apprécié la solidarité des internautes et même l'offre d'emploi en CDI d'un entrepreneur de la région Rhônes-Alpes : "Avec les dons, je pourrai sortir la tête de l’eau et avancer"

Au début, je me sentais perdu, j'avais des insomnies, impossible de dormir"

Mais il reste amer et sous pression: "Lanceur d'alerte, c’est bien, mais c’est juste un mot. On m’a dit que, dans certains pays, les lanceurs d’alerte sont protégés. Ici, je n'ai même pas eu un coup de fil d’un ministère, d’un chef de cabinet. Personne. Au début, avec les géants, je me sentais vraiment seul. Même perdu. J'avais des insomnies, impossible à dormir, parce que bon, je ne suis qu’une petite chose, le dernier maillon de la chaîne. "

Il y a quelques jours, ArcelorMittal a affirmé qu'au vu des résultats de son enquête interne , "aucun acide pur" n'avait été déversé dans le crassier.