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Climat – Environnement

Le Bordeaux de 2050 est déjà disponible... en laboratoire

dimanche 15 avril 2018 à 17:02 Par Thomas Coignac, France Bleu Gironde

L'oenologue bordelais Pascal Chatonnet a été sollicité par l'Association des journalistes de l'environnement pour imaginer et réaliser dans son laboratoire le Bordeaux tel qu'il existerait en 2050, après des décennies de réchauffement climatique. Le millésime du futur est sorti ce mardi 10 avril.

Le Bordeaux de 2050 a été réalisé à partir de deux cépages : le Merlot et le Cabernet-Sauvignon.
Le Bordeaux de 2050 a été réalisé à partir de deux cépages : le Merlot et le Cabernet-Sauvignon. © Maxppp -

Bordeaux, France

L'idée est originale pour sensibiliser les professionnels du vin au réchauffement climatique. Fabriquer artificiellement, à partir de deux cépages produits dans le Languedoc-Roussillon et en Tunisie, le Merlot et le Cabernet-Sauvignon, le Bordeaux du futur. Avec, bien sûr, l'influence des bouleversements du climat sur la robe et le goût du millésime. C'est l'Association des journalistes de l'environnement (AJE) qui a eu cette idée, et qui a confié la réalisation de ce vin exclusif à Pascal Chatonnet, oenologue fondateur du laboratoire Excell à Bordeaux.

"On a simplement pris des cépages bordelais cultivés sous des climats plus au sud, qui se rapprochent de ce que connaîtra Bordeaux en 2050, indique Pascal Chatonnet. C'est vraiment un vin expérimental et une vision totalement personnelle !" Et malgré ce que l'on pourrait croire, ce vin tout droit venu du futur n'est pas forcément plus alcoolisé que celui d'aujourd'hui. "_Si on laissait faire la nature, bien sûr que le degré d'alcool aurait augmenté_. Mais déjà aujourd'hui, le viticulteur commence à anticiper la date de récolte pour éviter des taux de sucre trop élevés", continue l'oenologue.

Un vin au goût de fruit sec et de...chocolat

Mais au-delà de l'expérience originale, Pascal Chatonnet souhaite également alerter les viticulteurs sur ce qui les attend si le dérèglement du climat continue. "La situation est très inquiétante, on a encore trop peu de sensibilisation chez les professionnels du vin pour le moment. Alors, certes le réchauffement paraissait plutôt positif pour les viticulteurs jusqu'à présent mais cette tendance ne va pas s'arrêter là, avertit le spécialiste. C'est pour ça qu'on a voulu illustrer le côté inéluctable du réchauffement climatique qui va être beaucoup plus dramatique pour le raisin."

Verdict après dégustation : "le vin n'est pas mauvais, il a même un goût de fruit sec, voire de cacao et de chocolat. Mais sa signature n'a rien à voir avec l'authenticité du Bordeaux actuel."