Climat – Environnement

Le centre Corse redoute de nouvelles inondations

Par Hélène Battini et Patrick Rossi, France Bleu RCFM lundi 10 octobre 2016 à 11:10

Le 2 octobre 2015, le centre Corse avait été victime de graves inondations
Le 2 octobre 2015, le centre Corse avait été victime de graves inondations © Radio France - Didier Arnoux

Il y a tout juste un an, le centre Corse avait été victime de fortes intempéries. Les pluies diluviennes avaient notamment provoqué une crue importante du Golo. Un an après le risque de voir se reproduire de tels évènements reste d’actualité.

Un an tout juste après les importantes inondations qui avaient touché le centre Corse et plus précisément Ponte- Leccia, sur la commune de Morosaglia, RCFM est retourné auprès des élus et de la population. Bar, hôtels, stations-services, commerces et particuliers avaient subi de gros dégâts. Les pertes matérielles ont été indemnisées par les assurances. La commune, elle, attend toujours près de 100.000 € de la part de l'Etat. Mais au-delà des indemnisations, ce qui inquiète, c'est l'avenir et le risque d'une nouvelle catastrophe.

Bruno Masseï possède une entreprise spécialisée en produits agro-alimentaires et vinicoles. L'année dernière, la crue lui a couté près de 300.000 €, sans compter la perte d'exploitation. Et l'angoisse d'une nouvelle catastrophe le suit au quotidien. «Rien n’a été fait pour que de tels évènements ne se reproduisent pas. Les pouvoirs publics doivent prendre les mesures nécessaires pour engager des travaux dans la rivière et éviter que ce phénomène-là ne se reproduise

Bruno Masseï : "rien n'a été fait pour que de tels évènements ne se reproduisent"

Pourtant la commune possédait bien un plan de sauvegarde, un dispositif préventif qui n'a pas suffit... sables bois et autres déchets accumulés dans le golu ont conduit à une crue centenale disproportionnée selon Cathy Cognetti, conseillère municipale et départementale. «Le développement urbain a aggravé la vulnérabilité de notre territoire. Il y a aussi un défaut d’entretien des rives. Maintenant il est nécessaire selon nous de faire un curage du Golu. Nous avons demandé une autorisation aux services de l’Etat. Mais nous n’avons toujours pas de réponse positive. Nous sommes confrontés à des organismes, notamment la police de l’eau, qui refusent que l’on effectue ce curage.»

Cathy Cognetti : "le développement urbain a aggravé la vulnérabilité de notre territoire"

A ce jour, 74 communes sont exposées à des risques de ce type en Haute-Corse et seules 30% d'entre elles possèdent un plan communal de sauvegarde. L’objectif de la préfecture est d’atteindre les 50% avant 2017. Un pourcentage obtenu en Corse du sud, où une quarantaine de communes sont concernées.

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