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Climat – Environnement

Le Chemin de fer de la Baie de Somme étouffé par la taxe carbone

mercredi 14 novembre 2018 à 4:19 Par Bénédicte Robin, France Bleu Picardie et France Bleu

Les locomotives à vapeur du Chemin de fer de la Baie de Somme ont beau faire le charme de son petit train touristique, le charbon qu'elles consomment est de plus en plus taxé. L'association demande une exonération.

Locomotive du petit train de la baie de somme
Locomotive du petit train de la baie de somme © Radio France - Alexandre Hébert

Baie de Somme, France

Cette année, l'association du Chemin de fer de la Baie de Somme a dû s'acquitter de 30 000 euros au titre de la taxe carbone, "ce sera autour de 40 000 euros l'an prochain et plus de 60 000 euros en 2022" souffle Maurice Testu, le président de l'association qui se retrouve confronté aux ambitions de transition écologique du gouvernement . Cette somme de 60 000 euros "c'est l'équivalent de 4 emplois, sur la vingtaine que compte l'association. Nous n'allons pas les supprimer mais cela veut dire que nous avons moins de capacité d’investissements" poursuit-il.

Or, un chemin de fer nécessite des investissements chaque année pour l'entretien du réseau, des machines, la mise au norme des passages à niveaux notamment qui vont leur coûter plus de 200 000 euros dans les prochaines années. "C'est un cercle vicieux" explique Maurice Testu "car si nous voulons consommer moins de charbon, voire le supprimer, il faut investir aussi pour trouver des alternatives".

Un partenariat avec l'Etat

Aujourd'hui, il n'existe pas vraiment d'alternative satisfaisante au charbon pour faire rouler les locomotives à vapeur. "Parfois, nous mettons des locomotives diesel, car c'est moins taxer mais les voyageurs se plaignent car le charme de ce train touristique reste la vapeur". Ils ont essayé le bois aggloméré mais le rendement énergétique n'est pas le même et en plus cela prend beaucoup de place. Par ailleurs, les locomotives sont anciennes et classées monuments historiques, ce qui signifie qu'on ne peut pas en changer l'aspect et les adapter librement.

De ce fait, l'association voudrait interpeller le gouvernement pour lui demander un exonération mais "pas sans contre-partie" insiste Maurice Testu. "Nos voisins suisses l'ont fait. Le train et le bateau à vapeur sont exemptés de taxes carbone en contre-partie de la mise en place d'un plan d'action pour diminuer voire supprimer l'utilisation du charbon d'ici 15 ans" explique-t-il. Avec la fédération des chemins de fer touristiques (UNECTO), il compte solliciter les députés et les sénateurs à partir du printemps prochain sur ce sujet.

Une exonération au nom du tourisme

De son côté, Stéphane Haussoulier, le président du Syndicat mixte Baie de Somme - Grand Littoral Picard et maire de Saint-Valéry-sur-Somme, Stéphane Haussoulier a alerté Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des comptes publics, dans un courrier daté du 7 novembre dernier. "Quand le gouvernement a imaginé cette taxe carbone, ce n'était certainement pas pour limiter l'activité économique et touristique d'un territoire comme celui de la Baie de Somme" plaide Stéphane Haussoulier qui met en avant le "charme d'antan" qu'incarne ces locomotives à vapeur et qu'il s'agit donc pour lui de préserver.