Climat – Environnement

Le gendarme du nucléaire oblige la centrale du Tricastin à arrêter ses quatre réacteurs

Par Valéry Lombardo et Mélanie Tournadre, France Bleu Drôme-Ardèche, France Bleu Vaucluse et France Bleu jeudi 28 septembre 2017 à 14:14

centrale nucléaire du Tricastin (archives)
centrale nucléaire du Tricastin (archives) © Radio France - Stéphane Milhomme

L'Autorité de sûreté nucléaire demande ce jeudi à EDF d'arrêter les quatre réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin, dans la Drôme, le temps de renforcer une portion de la digue située au nord de la centrale.

C'est une première. L' Autorité de sûreté nucléaire (ASN) demande à EDF de mettre à l'arrêt simultanément et par précaution les quatre réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin.

C'est une première

Le gendarme du nucléaire a demandé, ce jeudi, l'arrêt provisoire des quatre réacteurs de la centrale du Tricastin, le temps de réaliser des travaux pour renforcer une courte portion de la digue située au nord de la centrale, en bordure du canal de Donzère-Mondragon. Les reconnaissances géotechniques réalisées sur cette digue en 2015 et 2016, complémentaires à celles menées en 2013 et 2014, ont mis en évidence le besoin de renforcement d’une courte portion de la digue.

Résistance aux séismes

Elle est en mesure de résister au séisme le plus important jamais enregistré dans la région mais l'ASN estime que cette portion de la digue ne présente pas toutes les garanties de tenue à un séisme majoré de sécurité (c'est-à-dire un séisme d'une énergie cinq fois supérieure au tremblement de terre le plus fort enregistré durant les mille dernières années dans la région). Si la digue venait à rompre, la centrale pourrait être inondée provoquant une catastrophe similaire à celle de Fukushima.

EDF applique la décision mais fait savoir son désaccord

EDF fait savoir que l'entreprise "ne partage pas la nécessité d’arrêter les quatre réacteurs pendant la durée des travaux mais qu'elle mettra néanmoins en oeuvre la décision de l’ASN dans les meilleurs délais".

Dans une conférence de presse téléphonique, le directeur de la production nucléaire d'EDF Philippe Sasseigne souligne "notre point de vue est différent de celui de l'ASN, nous estimions être en mesure de garder en fonctionnement les réacteurs durant la réalisation des travaux notamment grâce à la réalisation d'un muret de protection d'1m80 de haut assurant l'étanchéité complète de la plateforme"

Les réacteurs vont être arrêtés dans les deux, trois jours qui viennent - Philippe Sasseigne, directeur de la production nucléaire d'EDF

Les travaux de renforcement de la digue étant prévus durant le mois d'octobre, les quatre réacteurs vont être successivement arrêtés dans les prochains jours. Puis le chantier sur la digue durera un mois. Et EDF espère pouvoir redémarrer les réacteurs dès la fin du chantier début novembre.

Pas d'impact sur l'emploi à la centrale

Cet arrêt aura un impact sur la production d'électricité en France mais pas sur l'emploi. La centrale emploie 1400 salariés EDF et entre 600 et 1500 sous-traitants selon les périodes. Il y a toujours beaucoup à faire durant les périodes d'arrêt des réacteurs. Mais "c'est une organisation du travail chamboulée", souligne Virginie Neumayer de la CGT qui "prend acte de la décision de l'ASN".