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Environnement

Le loup est de retour dans la vallée de la Bruche, plus de deux siècles après son éradication

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu

Un troupeau de moutons et de boucs a été attaqué à la fin du mois de mai 2019 sur les hauteurs de Ranrupt, en contrebas du massif du Champ du Feu, en Alsace. Un bouc a été égorgé et un agneau emporté. Le loup à l'origine de l'attaque a été photographié à proximité grâce à un piège-photo.

Le loup photographié par un piège photo
Le loup photographié par un piège photo

Ranrupt, France

L'attaque s'est produite dans la nuit du 27 au 28 mai dernier. Au petit matin, Corinne Schynol, agricultrice au Promont, une ferme-auberge installée sur les hauteurs de Ranrupt à plus de 800 mètres d'altitude, grimpe voir ses moutons et ses boucs, une quinzaine de bêtes. Le printemps et l'été, ils sont installés dans un enclos en lisière de forêt, à 400 mètres de l'exploitation. Corinne découvre ses bêtes apeurées. Deux d'entre elles manquent à l'appel : un agneau qui n'a pas été retrouvé et un bouc découvert dans l'après-midi, égorgé et éventré.

Le bouc victime du loup - Aucun(e)
Le bouc victime du loup - Corinne Schynol

L'agricultrice pense d'abord à des chiens errants ou à un lynx, mais la nature de l'attaque ne correspond pas à ces animaux qui n'ont pas pour habitude de viser la gorge. Un piège-photo installé dans les environs par des chasseurs va dissiper les doutes : c'est bel et bien d'un loup dont il s'agit.

"Nos ancêtres ont éliminé le loup, je ne vois pas pourquoi il est là à nouveau" - Corinne Schynol

Depuis l'attaque, Corinne Schynol est stressée. Tout comme ses bêtes qui, depuis, ont été réinstallées en contrebas, à proximité immédiate de la ferme-auberge, non-loin des vaches, des oies et des poules. Pour l'agricultrice, le loup est un problème qui doit être réglé au plus vite par les chasseurs. 

"Nos ancêtres l'ont éliminé, je ne vois pas pourquoi il est là à nouveau" dit-elle, tout en étant consciente que c'est une question qui divise. "Pour nous, c'est un problème en plus et on en a déjà suffisamment", explique l'agricultrice. Corinne Schynol parle aussi de l'indemnisation, presque symbolique, qu'elle a perçu pour ses deux bêtes perdues : 130 euros et 80 centimes.

Une partie du troupeau victime de l'attaque - Radio France
Une partie du troupeau victime de l'attaque © Radio France - Olivier Vogel

Le maire de Ranrupt, Thierry Sieffer ne crie pas au loup pour autant. "Quelque part, c'est une bonne nouvelle pour la régénération des forêts", dit-il. Car le loup permet de réguler cerfs et chevreuils qui sont en surpopulation. Mais l'élu entend également l'inquiétude des éleveurs de son village -ils sont sept- et ne voudrait pas que les loups soient trop nombreux. Cela pourrait, selon lui, décourager les agriculteurs dont les bêtes participent à l'entretien des prés de cette commune de montagne.

"Il faut que les gens et les éleveurs se préparent au retour du loup" - Frédéric Preisemann, technicien forestier membre du réseau loup-lynx

Frédéric Preisemann, technicien forestier à Colroy-la-Roche, juste en dessous de Ranrupt est aussi membre du réseau loup-lynx et spécialiste des grands carnassiers. Il explique que le loup de Ranrupt n'est probablement plus dans le secteur. Il doit s'agir d'un loup solitaire qui a quitté sa meute, qui peut parcourir jusqu'à mille kilomètres, et qui doit déjà être loin. 

Cela dit, le spécialiste assure qu'il y a beaucoup de chances de revoir la queue d'un loup dans le secteur car ces canidés repeuplent progressivement les massifs. Et si le grand méchant loup ne représente pas un danger pour l'homme, les troupeaux peuvent être protégés efficacement grâce aux aides fournies par l'Etat pour l'installation de clôtures électriques ou l'acquisition de patous, ces chiens de troupeaux qui réussissent à décourager ces grands prédateurs.

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