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Environnement

Le Perray-en-Yvelines : un arrêté municipal contre l'épandage de pesticides

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Par , France Bleu Paris

La découverte d'un champ d'herbes rouges a poussé la maire de cette commune des Yvelines à prendre un arrêté en mai dernier contre l'épandage de pesticides. La décision est illégale, car cette compétence ne relève pas du maire mais du ministère de l'agriculture.

La maire Paulette Deschamps devant l'hôtel de ville du Perray-en-Yvelines (Yvelines)
La maire Paulette Deschamps devant l'hôtel de ville du Perray-en-Yvelines (Yvelines) © Radio France - Jeanne Daucé

Le Perray-en-Yvelines, France

35 ans que Michel habite dans une maison à côté de ce champ, au Perray-en-Yvelines (Yvelines). Et pourtant, au mois de mars, c'était bien la première fois qu’il y voyait de l’herbe rouge fluo.  Pour autant il n’est pas très étonné : "Ça aurait été un pesticide qui rendait le champ vert, personne n'aurait rien dit. C'est parce qu'on voit la couleur rouge que ça choque. On sait qu'il y a des polluants : les pesticides, ça a toujours existé, mais on fait avec.

La couleur rouge de ce champ serait due, selon la mairie du Perray-en-Yvelines, à un épandage surdosé de glyphosate ou à un épandage à un moment inopportun. Quelques semaines après la découverte, les habitants étaient invités à faire tester leurs urines. Selon la mairie, sur 47 volontaires, enfants et adultes, 100 % avaient un taux de glyphosate supérieur à la norme dans leurs échantillons.

Anne, également riveraine, s’interroge sur les répercussions qu’ont les épandages sur sa santé et celles de ses voisins : "Je ne sais pas ce que les agriculteurs mettent dans les champs, mais quand ils font des épandages, je suis obligée de fermer mes volets, de rentrer mon linge. Sinon, on ne peut plus respirer."

Un arrêté municipal illégal, qui suscite la colère du monde agricole

Dans cette interview accordée à nos confrères du Parisien, le président de la chambre d'agriculture d'Île-de-France, Christophe Hillairet, a qualifié l'arrêté municipal d'"irresponsable : si on veut la mort de notre agriculture, il n'y a pas mieux". Jean-Baptiste, membre d'un collectif de riverains, regrette le tollé que suscite la décision de la mairie : "La FDSEA, FNSEA (syndicats agricoles, ndlr) et de la chambre d'agriculture d'Île-de-France posent immédiatement la situation comme conflictuelle. Pas du tout ! _On veut absolument que ça reste du dialogue_."

La maire Paulette Deschamps (PS), à l'origine de l'arrêté, espère également ouvrir le dialogue avec les agriculteurs : "Je ne pars pas en guerre contre le monde agricole : il faut tirer la sonnette d'alarme. Les agriculteurs sont les premières victimes des pesticides.

Paulette Deschamps ne compte pas retirer l'arrêté, malgré son caractère illégal : ce genre d'interdiction revient au ministère de l'agriculture, et non aux élus locaux, comme l'explique la sous-préfecture de Rambouillet. "L'arrêté est illégal, c'est exact, mais c'est mon rôle de maire de préserver la santé des habitants," explique la maire. 

Le 26 juin, le sous-préfet de Rambouillet Michel Heuzé a écrit à l'élue pour qu'elle retire son arrêté. Paulette Deschamps a donc jusqu'au 26 août pour le faire. Si ce n'est pas le cas, l’État pourrait saisir le tribunal administratif.